Ce week-end, deux manifestations se sont tenues au Verdon-sur-Mer et à Royan, rassemblant entre 400 et 500 personnes, afin de s'opposer fermement au projet d'élevage industriel de saumons porté par Pure Salmon France. Les organisateurs souhaitent faire entendre leur voix à la nouvelle préfète, Sophie Brocas, qui est appelée à statuer sur cette initiative controversée.
Les manifestations témoignent d'un mécontentement croissant, soutenu par des données saisissantes : lors de l'enquête publique, plus de 23 000 contributions ont été enregistrées, dont 90 % défavorables au projet. Marc Porcheron, élu de Saint-Vivien-de-Médoc, déclare : « L'opposition est essentiellement locale et informée, et la majorité d'entre nous habite ici. »
Il critique les promesses d'emplois, affirmant que la production promise par Pure Salmon, à savoir 10 000 tonnes, est irréaliste. « Aucune usine similaire dans le monde n'a atteint de telles quantités. » Les difficultés de l'entreprise Atlantic Sapphire en Floride et le faible nombre d'emplois de Local Océan à Boulogne en sont des exemples probants.
« Ce chantage est scandaleux »
Le député écologiste Benoît Biteau souligne le danger d'une telle installation, mettant en lumière : « Les emplois créés ici pourraient être éclipsés par les pertes dans l'écosystème local en cas d'incident. » Il appelle à un projet qui soit compatible avec les enjeux environnementaux de l'estuaire, qui a bénéficié d'efforts significatifs pour en restaurer la valeur écologique.

Catherine Thisse, membre d'Estuaire 2050, souligne l'impossibilité de soutenir l'argument de la souveraineté alimentaire avancer par Pure Salmon : « Bien que la holding soit française, les bénéfices vont à un fonds d'investissement à l'étranger. Les risques restent chez nous. »
Simon Latapie, élu à Grayan-et-l'Hôpital, qualifie le projet d' « obsolète et mortifère », appelant à explorer d'autres avenues pour le développement économie de l'estuaire, tout en respectant les usagers actuels. « Le peuple est souverain et doit être entendu. »
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a également exprimé son opposition, qualifiant ce projet de non conforme aux attentes en matière d'aquaculture moderne. Les opposants prévoient d'organiser d'autres manifestations à Bordeaux pour mobiliser davantage de soutien contre le projet.







