Ce moment de réconciliation a eu lieu le 18 avril, marquant un tournant dans la manière dont le passé colonial est abordé en France. Guillon de Princé, descendant d'armateurs négriers, a plaidé pour un pardon au nom de sa lignée, un acte sans précédent dans le pays, selon plusieurs observateurs, notamment France 3.
Le discours a été prononcé près du "Mât de la fraternité et de la mémoire", un monument érigé pour honorer la mémoire des victimes de la traite négrière. Ce geste fort a été souligné par des représentants de l’association La Coque Nomade-Fraternité, qui œuvre pour la justice réparatrice. En partageant cet espace avec Dieudonné Boutrin, lui-même descendant d’esclaves, Guillon de Princé a mis en avant l'importance de ce dialogue intergénérationnel.
"C'est un soulagement d'avoir ce moment de clarté sur notre histoire", a-t-il déclaré, soulignant le poids que ce passé continue d'exercer sur de nombreuses vies aujourd'hui.
Un don immobilier et un engagement à long terme
Il a rappelé que l'esclavage est reconnu depuis 2001 comme un "crime contre l'humanité" selon la loi Taubira. Guillon de Princé a annoncé un don de 5.000 euros à l'association Haïti Futur, qui œuvre pour l'éducation et l'autonomisation des Haïtiens. Bien qu'il s'agisse d'un geste symbolique, il a exprimé son souhait de faire plus pour les communautés touchées par la discriminations raciales contemporaines.
"Ces excuses s'inscrivent dans un processus de justice réparatrice nécessaire pour réparer les souffrances causées aux peuples d'Haïti et des Caraïbes", a-t-il ajouté, appelant à des actions concrètes.
Une dynamique globale
Cette démarche résonne dans un contexte plus large où des descendants d'esclavagistes aux États-Unis et en Angleterre commencent à prendre des mesures similaires. Expertise et témoignages montrent que reconnaître et répondre aux injustices du passé est crucial pour construire un avenir commun. Boutrin a souligné : "Aujourd'hui, la France doit recomposer son identité en reconnaissant son passé colonial.", affirmant que le pays ne pourra pas avancer sans cette prise de conscience collective.
Le discours de Guillon de Princé s'est révélé être un moment historique et une étape vers une meilleure compréhension du passé colonial de la France. Les enjeux de l'esclavage moderne demeurent toujours préoccupants, avec 50 millions de personnes vivant encore en esclavage à l'échelle mondiale. Les Nations unies rappellent qu'un combattre ces luttes contemporaines nécessite un engagement collectif et une reconnaissance des douleurs ancestrales.







