La frénésie autour des concerts de Céline Dion à La Défense Arena, prévus pour l'automne 2023, a engendré un véritable marché noir. En quelques jours, les 480 000 billets proposés se sont écoulés, laissant place à une vague de reventes cherchant à tirer profit de la demande accrue. Les réseaux sociaux regorgent déjà d'annonces de revente, dont beaucoup sont des arnaques.
Parallèlement, les scalpeurs, ces acheteurs aguerris, en profitent pour se lancer dans des transactions lucratives. En France, la revente de billets sans autorisation est illégale, et risque de lourdes amendes. Toutefois, cela ne freine pas les appétits.
Des jeunes monétisent leur temps d'attente
Manon*, 23 ans, avoue ne pas être particulièrement fan de Céline Dion mais a passé plusieurs heures en ligne pour acquérir quatre places à revendre. "Je compte les revendre à 250 euros, après les avoir achetées 133,50 euros. J'espère gagner 400 euros." Avec un salaire de 1300 euros par mois, elle justifie cette démarche, bien qu'elle admette que cela ne soit pas très moral.
"Je savais que ça serait compliqué, alors avec une amie, on a utilisé plusieurs ordinateurs pour maximiser nos chances."
Elle n'est pas la seule. Maxime*, 25 ans, a acheté des billets non pas pour lui, mais pour vendre pour financer des places à un prix plus abordable. "Je vise un profit de 1 600 euros pour mes deux places VIP, qui m'ont coûté 900 euros," explique-t-il.
Des bénéfices sans limites pour certains
Maxence*, un scalpeur semi-professionnel de 35 ans, a réussi à générer 10 000 euros de bénéfice en seulement une semaine. Utilisant des robots pour acheter en masse, il raconte : "J'ai pris 52 billets en préventes. Le retour de Céline Dion à Paris, c'était le jackpot."
"Il est vrai que c'est mal vu. Mais c'est l'offre et la demande, et je réponds aux besoins du marché."
Maxence, en parallèle de son job dans une grande entreprise, a joint une communauté de scalpeurs où il échange des astuces avec d'autres. "C'est quelque chose que je fais pour m'amuser, mais aussi pour arrondir mes fins de mois. Cela finance mes vacances," explique-t-il.
Des bots pour dominer le marché
La revente de billets est si lucrative que des scalpeurs mettraient en œuvre des systèmes automatisés pour augmenter leurs chances. Maxence témoigne que la compétition est rude, avec des millions de pré-inscriptions enregistrées pour l'événement. Malgré les efforts des plateformes de billetterie, telles que AXS, pour contrer ces pratiques, les scalpeurs continuent d'évoluer.
Avec une trésorerie adéquate, ils infiltrent les préventes et maximisent leurs chances de succès. "J'ai utilisé pas moins de 300 adresses email pour multiplier mes chances de réussite," conclut Maxence. Dans un marché saturé, il semble que le scalping fasse partie intégrante de l'expérience billetterie.
Pour de nombreux jeunes comme Manon et Maxime, cette pratique est une manière de naviguer dans un monde économique où les revenus stagnent, tout en répondant à la demande d'une expérience live inédite.







