Un million d’euros pour un roman, c'est l’annonce qui secoue le monde littéraire ! Ce mercredi 8 avril, Barcelone sera le théâtre de la toute première remise du Prix Aena de Narrativa, une distinction qui se hisse déjà parmi les plus prestigieuses, rivalisant avec le Nobel de littérature. En comparaison, le Prix Goncourt ne propose qu’un euro symbolique.
Une entrée fracassante dans le monde littéraire
Conçu par le gestionnaire des aéroports espagnols, ce prix vise à récompenser « le meilleur livre de l’année » écrit en espagnol. Son but : rivaliser avec les grandes distinctions internationales et offrir une visibilité mondiale à la littérature hispanophone.
Qui sera le lauréat ? Les finalistes, révélés le mois dernier, sont de véritables poids lourds : le Colombien Héctor Abad Faciolince, l’Argentine Samanta Schweblin, la Chilienne Nona Fernández, ainsi que deux grands noms espagnols, Enrique Vila-Matas et Marcos Giralt Torrente. Chacun d’eux a déjà connu le succès à l’international.
« Obscène », « disproportionné » : la polémique enfle
Cependant, l’annonce de cette dotation effrénée ne fait pas l’unanimité. Pour certains critiques, cette somme s’avère choquante. Dans une chronique publiée dans El País, l’écrivaine Carmen Domingo qualifie cette dotation d’« obscène » et de « disproportionnée », suggérant que cet argent devrait plutôt servir à ouvrir des bibliothèques ou des salles de lecture.
De plus, certains craignent que ce jackpot n’attire que des auteurs déjà établis, négligeant ainsi les nouvelles voix de la littérature hispanique. Abordant le sujet, des éditeurs et critiques, interrogés par la presse, estiment que cette dotation « déséquilibrée » pourrait fausser le débat littéraire et ne pas favoriser l’encouragement à la lecture.
Coup de projecteur ou coup de force ?
Pour ses défenseurs, le Prix Aena représente une chance inespérée dans un marché du livre saturé. La conférence de presse précédant la cérémonie a été l'occasion pour les finalistes de partager leur humour et leur sincérité. Héctor Abad Faciolince a ainsi plaisanté sur la possibilité de se retirer grâce à un tel chèque, tandis que Nona Fernández a mentionné l'achat potentiel d’un lave-vaisselle avec ses gains, tout en soulignant que cela lui offrirait « du temps, beaucoup de temps » pour développer son art sans souci financier.
À présent, tous les regards se tournent vers Barcelone, où le premier lauréat du Prix Aena sera révélé ce soir à 19 h au Palau de la Música Catalana, un véritable joyau architectural de la ville.







