Christian Daire a eu l'occasion de partager sa vision de la sécurité avec le Premier ministre, jeudi 2 avril à Bordeaux. Un rendez-vous imprévu, organisé dans l'urgence et aux contours flous jusqu'à la dernière minute.
Il était 15 heures, le 1er avril, lorsque l'e-mail est arrivé dans la boîte de la mairie de Toulenne, en Sud-Gironde. La préfecture convoquait le maire, Christian Daire (PS), pour le lendemain à 14 heures à Bordeaux. Au programme, une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et la ministre de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel, pour discuter de la sécurité, en marge de la présentation du projet de loi Ripost.
« Il fallait donner une réponse avant 16 heures », raconte-t-il. « C’est complètement fou ! J’ai dû garder un œil sur mes mails en permanence. Je suis certain qu'il y a eu d'autres maires contactés qui n’ont pas pu répondre. Je n’ai même pas été appelé. » L'invitation était succincte, mentionnant seulement l'heure, le lieu et le thème abordé. « Je ne savais strictement rien, c’est étonnant cette organisation », a-t-il souligné.
« Je n’avais rien préparé »
« Je pensais qu’il y aurait une centaine de maires, nous étions en fait qu’une quinzaine. » La réunion en petit comité, dont Daire ne prend la mesure qu’en arrivant sur place, l’intrigue. Lui, seul représentant de la Sud-Gironde, avait tenté de sonder ses collègues pour savoir s’ils avaient également été invités. Bien qu’il soit le maire d'une ville rurale, il s'est contenté de ne pas être l'unique élu présent. « Il me semble que j’étais le maire d’une des plus petites communes, » a-t-il ajouté. Pourquoi lui, alors ? « Personne ne me l’a dit. »
Après une attente prolongée marquée par le retard habituel des membres du gouvernement, Daire fait face à une nouvelle surprise : chaque maire dispose de cinq minutes pour exprimer sa vision de la sécurité du quotidien. « Je n’avais rien préparé, » a-t-il reconnu, pensant plutôt qu’il s’agirait d'un temps d’échange. Devant un Laurent Nuñez attentif, prenant des notes, il aborde la problématique de la drogue et d’une police municipale consultée.
« Opération de com »
Christian Daire qualifie cette rencontre d'« opération de communication » tout en reconnaissant son utilité. Il a exprimé que, malgré un intérêt collectif, certaines annonces manquaient à son goût : « Ils n’ont pas fait le travail sur le régalien, notamment concernant les nouveaux effectifs de gendarmerie. » D’après lui, c'est un soutien sans conséquence budgétaire, emblématique des frustrations ressenties par de nombreux maires en France face à un manque de ressources.
Les défis en matière de sécurité dans les petites communes, où la présence de la police nationale et municipale est souvent insuffisante, nécessitent des stratégies efficaces. Comme l’a rapporté Le Figaro, beaucoup de maires souhaitent davantage de soutien matériel et humain pour faire face à la montée des préoccupations sécuritaires.







