Dans le Grand Libournais, la représentation féminine au sein des mairies reste préoccupante. Bien qu'un peu moins de 30 % des maires élus soient des femmes, ce chiffre demeure en deçà de la parité espérée, selon une récente étude de Sud Ouest. À l'échelle nationale, moins de 20 % des maires sont des femmes, soulignant l'importance d'un progrès encore insuffisant.
Vingt-cinq ans après l'adoption de la loi du 6 juin 2000 visant à promouvoir l'égalité, le constat reste le même : les femmes peinent à accéder aux postes de pouvoir, même si les listes électorales sont paritaires. Dans le cas du Grand Libournais, malgré des avancées, la majorité des postes clés sont occupés par des hommes. La situation est illustrée par le fait qu'une seule intercommunalité, celle du Fronsadais, est présidée par une femme, Marie-France Régis, lors de la dernière mandature.
Une légitimité en question
Pour Christelle Guionie, maire de Sainte-Foy-la-Grande, la perception de légitimité est un enjeu crucial. Elle témoigne des doutes qui entourent les femmes élues, en déclarant : "Il semble toujours nécessaire de prouver sa valeur plus que les hommes, ce qui complique notre parcours. Je me souviens d'avoir été qualifiée de 'marionnette' lors de ma campagne, une remarque que l'on n'aurait jamais faite à un homme."

D'un autre côté, Audrey Le Meur, nouvellement élue à Saint-Hippolyte, partage des réflexions similaires. Son parcours, bien qu'enthousiasmant, souligne une réalité : "Il est manifeste que les femmes ont encore du mal à accéder à des responsabilités au sein des collectivités locales", explique-t-elle.
Souplesse et adaptation nécessaires
Stéphanie Dupuy, maire de Saint-Quentin-de-Baron, évoque les douloureuses concessions faites par les femmes : "Élever mes quatre enfants a compliqué ma carrière politique. Nous devons constamment jongler entre nos obligations professionnelles et familiales, souvent au détriment de nos aspirations personnelles."

Le constat est partagé par Émeline Bourdat-Brisseau : "Lorsque nous ne pouvons pas nous rendre à une réunion, un autre élu prend notre place. C'est ainsi que cela fonctionne, mais les familles sont souvent au cœur de nos préoccupations."
Une parité en marche, mais encore fragile
Marie-Claude Lavignac, élue depuis plusieurs mandats, se remémore le passé lorsque les femmes étaient tellement sous-représentées. "J'ai dû apprendre les rouages de la politique à une époque où il était essentiel d'être discrète pour faire sa place", dit-elle, démontrant que le chemin vers la parité reste semé d'embûches.
Finalement, entre celles qui attendent et celles qui s'efforcent de s'affirmer, le paysage politique reste difficile pour les femmes. Bien que des avancées aient été réalisées dans le Grand Libournais, le chemin vers l'égalité est encore long et nécessite un engagement renouvelé de la société.







