Le président du Comité national d’éthique, Jean-François Delfraissy, a célébré l’adoption récente de la loi sur l’aide à mourir, qualifiée de "loi de fraternité". Cependant, il met en garde contre les risques de dérives et insiste sur la nécessité d'une évaluation dans deux ans.
Mercredi, lors d'une allocution à l'Assemblée nationale, Delfraissy a affirmé que cette législation, tout en offrant une option importante aux patients en fin de vie, ne doit pas être perçue comme un droit absolu. "Ce droit ne s'applique qu'à un nombre restreint de personnes, et nul n'est contraint de le faire valoir", a-t-il souligné.
Les craintes sur l'éventualité de abus subsistent. "Pour nous, il est fondamental que ce dispositif soit évalué au bout de deux ans", a préconisé Delfraissy, évoquant des préoccupations sur la possibilité que certains patients ou équipes médicales soient tenté(e)s de franchir les frontières éthiques. Cette attention aux dérives potentielle, en France, a été également partagée par le Comité consultatif national d’éthique, qui a ouvert la voie à cette évolution législative en septembre 2022.
Delfraissy a exprimé sa confiance dans les mesures strictes que la loi impose. "L’aide à mourir est réservée à des conditions très spécifiques, et chaque étape du processus de demande a été renforcée pour garantir la sécurité des patients", a-t-il noté. Il a également mis en lumière une inégalité entre les citoyens : "Alors qu'une élite pouvait bénéficier d'un accès à des soins palliatifs dignes en dehors de France, d’autres se retrouvaient sans recours", a-t-il déclaré.
Cette nouvelle législation soulève de nombreuses questions parmi les professionnels de santé sur sa mise en pratique. Dans cette optique, Delfraissy a conclu : "Il est crucial que le dialogue continue et que la société reste vigilante face à l'évolution dont et les implications de cette loi."







