Dans notre numéro du 2 juillet, nous examinons la détérioration apparente de l’autorité de Vladimir Poutine. Confronté aux attaques de drones ukrainiens et à de sévères difficultés économiques, le président russe semble avoir rompu le contrat social qui le liait à son peuple, un constat alarmant relevé par la presse indépendante de Russie.
Le vent tournerait-il contre Poutine ? Ces dernières semaines, une hausse significative des frappes ukrainiennes sur le sol russe a mis en lumière la faiblesse des forces de défense, un sujet intensément débattu par les médias internationaux. Selon des sources, notamment Novaïa Gazeta, les cibles des attaques comprennent des infrastructures pétrolières et gazières, ainsi que des ouvrages essentiels reliant la Crimée au continent, un symbole fort de la vulnérabilité actuelle du régime.
Ces frappes ont ainsi ramené la guerre dans le quotidien des Russes, comme en témoigne une pénurie d'essence sans précédent. Dans un récent discours, Poutine a dû admettre que ces attaques « créent des problèmes ». Cet aveu public pourrait symboliser un changement plus profond au sein du régime.
Cette dynamique est explorée dans un dossier dédié, comprenant des contributions de médias russes tels que Meduza et The New Times. Le politologue Alexandre Baounov souligne une atmosphère de mécontentement grandissant en Russie : « L’atmosphère a changé, elle est plus trouble », déclare-t-il. Il évoque un affaiblissement du soutien parmi les partisans du Kremlin, tandis que Poutine apparaît sous un jour moins glorieux que celui du héros national qu’il prétend être.
La reprise en main d'Internet au printemps 2026 a amplifié ce climat de méfiance. L’imposition de l’application de messagerie Max par l’État a exacerbé les tensions sociales et a mis à jour les véritables intentions du régime, comme l’explique Baounov : « Le contrat social est brisé, le masque est tombé ». Ce récit, plus qu'un simple constat, mérite d'être examiné pour comprendre les mécanismes complexes des sociétés autoritaires.
Nous vous invitons également à découvrir l'analyse d'Andreï Kolesnikov dans The New Times, mettant en lumière la stratégie de Poutine, qui semble se complaire dans l'impasse actuelle. Pour lui, le temps dans le monde de Poutine n'évolue pas comme chez les autres, permettant au régime de perdurer malgré les revers.
Ce numéro, au-delà de la complexité de la situation russe, aborde également d'autres crises mondiales, dont la détresse et la colère au Venezuela face à des catastrophes naturelles, et la lenteur de la réaction française face aux vagues de chaleur successives.







