Le 9e congrès mondial contre la peine de mort débute ce mardi 30 juin à Paris, rassemblant environ 1 500 participants issus de 100 pays différents. Organisé par l'ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), cet événement prend place dans un contexte alarmant, marqué par une augmentation des exécutions dans certaines nations comme l'Iran, en dépit d'une dynamique abolitionniste globale.
Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d'ECPM, a déclaré lors d'une conférence de presse que l'événement vise à se faire entendre face à cette tragédie. "Plus de 1 500 participants sont attendus, représentant une centaine de nationalités", a-t-il précisé.
Une édition sur fond de "résurgence des exécutions"
Ce congrès se déroule alors qu'un phénomène inquiétant de résurgence des exécutions est observé dans plusieurs pays. Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice de France pour les droits de l'homme, a évoqué ce paradoxe lors de son discours : "Nous assistons à une augmentation de l'utilisation de la peine de mort comme instrument de répression politique, de contrôle social ou de réponse à des crises sécuritaires, alors que 114 États ont renoncé à cette pratique."
Chine, Iran, Arabie saoudite et Irak pointés du doigt
Les pays comme la Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite et l'Irak sont régulièrement identifiés comme des acteurs clés dans cette crise. D’après les chiffres avancés par ECPM, l'Iran a effectué au moins 1 639 exécutions en 2025, un chiffre alarmant égalant les niveaux de 1989, tel que rapporté par Iran Human Rights.
La peine de mort est "raciste"
Les discussions durant ces trois jours incluront un débat sur le caractère intrinsèquement raciste de la peine de mort. Aminata Niakaté, présidente d'ECPM, a affirmé que les étrangers "sont plus fréquemment condamnés à mort que les non-étrangers".
Lonvis-Rome a conclu : "Il est crucial que la France continue d’agir pour la dignité humaine et que cet événement contribue à cet engagement". De nombreuses figures emblématiques, comme Philippe Maurice, le dernier condamné à mort français gracié en 1981, seront également présentes pour témoigner et soutenir cette quête pour l'abolition.







