Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise (LFI) à l'élection présidentielle, s'apprête à organiser son premier meeting de sa quatrième campagne dans la ville symbolique de Saint-Denis, ce dimanche 7 juin. Ce moment est stratégique : la ville est non seulement riche en histoire, mais a également récemment élu un insoumis, Bally Bagayoko, à sa tête lors des dernières municipales de mars. Ce meeting marque le véritable coup d'envoi de la campagne après un début jugé prometteur par ses partisans.
En dépassant les 300 000 parrainages citoyens, Mélenchon double les objectifs de LFI, et ce, en seulement 33 jours. En comparaison, la précédente campagne avait nécessité 475 jours pour atteindre le même nombre. Un membre influent de LFI se félicite de ce démarrage, déclarant : « Il semble que nous soyons entrés en campagne comme il le fallait. » Les signes de mobilisation sont encourageants, tant dans les équipes que parmi les sympathisants, indique Aurélien Saintoul, député des Hauts-de-Seine, à franceinfo.
Le défi qui attend Mélenchon est de capitaliser sur les divisions au sein de la gauche et de marquer son territoire. Comme l’explique le député, ce meeting de Saint-Denis permettra d'« atteindre un nouveau niveau », alors que LFI espère rassembler au moins 10 000 personnes. Des personnalités telles qu'Annie Ernaux et Eric Vuillard sont attendues pour galvaniser la foule avant la montée sur scène du leader à 74 ans.
Des divisions en pagaille au PS et chez Les Ecologistes
Le paysage politique à gauche est tumultueux, et ce pour le plus grand bonheur de LFI. Alors que le Parti Socialiste (PS) et Les Ecologistes peinent à s'unir, leurs hésitations offrent une opportunité à Mélenchon. Le PS, par exemple, est déchiré entre ceux qui soutiennent une nouvelle primaire menée par Olivier Faure et ceux qui préfèrent des candidatures individuelles, telles que celle de Raphaël Glucksmann.
Chez les Écologistes, les tensions sont palpables, Marine Tondelier, actrice de la primaire, se heurte à la résistance de certains membres du parti. L'incohérence est si marquée que des groupes dissidents, comme les Verts populaires, se rapprochent de LFI, espérant une dynamique plus constructive. « Nous voulons rassembler ceux qui doutent de Marine Tondelier tout en préservant notre autonomie », affirme Jérôme Gleizes, porte-parole de ce collectif.
Kévin Boucaud-Victoire, un autre élu écolo, observe que de nombreux députés visitent LFI dans les corridors, aspirant à des coopérations futures. Un député insoumis confirme : « L'idée d'une primaire ne convainc plus personne. »
« Dans le lancement de campagne, le contraste avec les autres partis de gauche nous est favorable. »
Un député LFIà franceinfo
La France Insoumise cherche à renforcer son attrait auprès des écologistes et des communistes, présentant plusieurs propositions d'accord stratégiques cette année. Les experts s'accordent à dire que si ce schisme au sein des autres partis persiste, il pourrait placer LFI dans une position de force pour l'élection de 2027.







