Les lunettes connectées, bien que séduisantes, soulèvent des inquiétudes quant à la protection de nos données personnelles. Selon Margaux Schaeffer, juriste à la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL), "une nouvelle étape a été franchie" dans le domaine de la technologie. En effet, ces lunettes, discrètes et presque invisibles, permettent d'enregistrer son environnement sans attirer l'attention, contrairement à un smartphone qui nécessite d'être manipulé.
Équipées d'une simple LED témoin, ces lunettes peuvent filmer ce qui les entoure sans que son utilisateur ait à appuyer sur un bouton. Cela rend leur utilisation dans des lieux où la prise de son et d'image est prohibée inquiétante. Comme le souligne une analyse sur France Culture, le modèle commercialisé par Meta, qui permet de capturer des images simplement en disant "hey Meta, prends une photo", pose des questions éthiques cruciales quant à la surveillance systématique.
À quelle législation leur utilisation est soumise ?
En principe, l'utilisation de ces dispositifs est soumise au RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) ainsi qu'au code pénal français. La législation actuelle punit toute atteinte à la vie privée d'une peine d'un an d'emprisonnement et d'une amende de 45 000 euros. Toutefois, cette question devient plus sensible avec des outils tels que les lunettes connectées, qui transforment tout passer en témoins potentiels d'un enregistrement incontrôlé.
Margaux Schaeffer interroge la responsabilité de la société face à ce phénomène : "Êtes-vous prêts à considérer tout le monde autour de vous comme une caméra mobile ?" Avec sept millions de lunettes vendues l'année dernière, la réflexion sur notre vie intime et publique prend une importance inédite. Alors que la sécurité des données est au centre des préoccupations lors du prochain G7, les gouvernements devront prendre des mesures pour encadrer ces nouvelles technologies.







