La dissolution de Patria Albiges : un coup d'arrêt pour l'ultradroite

Le gouvernement agit contre l'ultradroite et l'ultragauche en annonçant leur dissolution.
La dissolution de Patria Albiges : un coup d'arrêt pour l'ultradroite

Ce mercredi 3 juin, le gouvernement a officialisé la dissolution de deux groupements : d'une part, Patria Albiges, un groupe d'ultradroite, et d'autre part, Front de Rue, un mouvement d'ultragauche.

Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a soumis cette décision au président de la République lors du Conseil des ministres. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a affirmé que ces dissolutions avaient été "actées".

Patria Albiges, décrit comme un mouvement identitaire de jeunesse, prétend jouer un rôle en alertant sur des réalités comme l’immigration, l’insécurité, le wokisme ou encore l’islamisme. Récemment, onze membres de ce groupuscule ont été condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis pour une expédition punitive contre un militant antifasciste en 2025.

Les militants, âgés de 19 à 29 ans, s'étaient rendus à Albi déguisés et armés de matraques et poings américains, adoptant une posture agressive. De plus, le porte-parole de Patria Albiges a lui-même été condamné l'an dernier à huit mois avec sursis pour des violences commises sur deux jeunes de la région.

Une cinquantaine de groupes depuis 2017

De son côté, Front de Rue est un mouvement antifasciste basé principalement dans le Nord, avec une implantation forte à Lille. En février dernier, suite au décès du militant d'extrême droite Quentin Deranque, le président Emmanuel Macron avait rassemblé divers acteurs politiques pour discuter de la lutte contre les groupes violents extrêmes.

À l'issue de cette rencontre, plusieurs groupes, notamment deux d'ultradroite (Patria Albiges et le Bloc montpellié Main), ont été ciblés pour dissolution. En outre, Front de Rue s'inscrit également dans cette volonté gouvernementale de neutraliser les groupements jugés menaçants.

Depuis 2017, le gouvernement a pris des mesures similaires contre une cinquantaine de groupes, dont La Jeune Garde et Lyon Populaire. Toutefois, certains ont contesté ces décisions devant le Conseil d'État, où des recours tels que celui des Soulèvements de la Terre ont obtenu gain de cause.

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