Roumen Radev, le nouveau Premier ministre bulgare, enchaîne les visites diplomatiques à Berlin, Paris et Bruxelles pour apaiser les craintes de ses partenaires européens. Ancien président de la République et souvent qualifié de prorusse, Radev cherche à équilibrer les attentes de l'Union européenne avec les sentiments russophiles de son électorat à la maison.
Son premier arrêt à Berlin, le 18 mai, a été marqué par une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Selon la Deutsche Welle, Radev a affirmé l'importance de l'Allemagne comme premier partenaire commercial et stratégique de la Bulgarie.
Le 27 mai, il a poursuivi sa tournée à Paris pour un déjeuner avec Emmanuel Macron avant de se rendre à Bruxelles où il a rencontré Bart De Wever, et planifié d'autres échanges avec des figures clés comme Mark Rutte et Ursula von der Leyen, rapportent les informations de la Radio nationale bulgare (BNR).
Les discussions entre Radev et Rutte ont été saluées, y compris par des médias bulgares critiques. Rutte a loué l’engagement de la Bulgarie pour la sécurité de l’Otan, en particulier dans la mer Noire. Radev, pour sa part, a mis en avant les efforts de son pays pour moderniser son armée, notamment par l'achat de F-16, bien qu'il ait précédemment montré des réticences à cet égard, notent les analyses de Club Z.
De plus, Radev a promis d'augmenter le budget de défense bulgare à 5% du PIB, contre 2% actuellement, comme rapporté par Mediapool. Cependant, cette question soulève des interrogations sur l'orientation véritable de son gouvernement envers la Russie, surtout dans le cadre de tensions accrues liées à l'Ukraine.
“Zéro intérêt” pour lui en France
Pourtant, la visite de Radev en France semble avoir suscité peu d'intérêt dans les médias locaux. Selon Club Z, les derniers articles à son sujet datent de son élection en avril, où il était principalement décrit en tant qu'« homme de Moscou ».
A Paris, cependant, il a prononcé des déclarations intrigantes, appelant à un changement de la position de l'Europe sur le conflit ukrainien et mettant en garde contre les risques d'une victoire conventionnelle contre la Russie. Par ailleurs, il a exprimé l’intention de réévaluer l'aide militaire à l'Ukraine.
Le journaliste de Club Z souligne que, dans le contexte actuel, la rhétorique de Radev semble davantage destinée à un usage interne qu’à influencer les débats européens. En France et en Europe occidentale, la Bulgarie n’est pas perçue comme un acteur majeur sur la scène politique, ce qui pourrait expliquer le manque de couverture médiatique concernée.







