Une étude révélée par Allianz Trade met en lumière les conséquences économiques des vagues de chaleur, prévoyant un affaiblissement significatif des croissances et une diminution des recettes fiscales dans plusieurs pays européens.
La filiale du géant allemand Allianz souligne que les vagues de chaleur extrêmes représentent un risque économique de plus en plus pressant pour l'Europe. Selon l'étude, les économies les plus touchées pourraient subir une contraction de 5 à 7 % de leur croissance entre 2026 et 2030, en se basant sur un modèle qui simule les cinq années les plus chaudes de 2014 à 2024.
Les pertes financières cumulées pourraient atteindre des sommets : 240 milliards de dollars en France, 147 milliards en Italie, 131 milliards en Allemagne, et 120 milliards en Espagne. Ce trend alarmant est soutenu par des chiffres montrant que la fréquence des vagues de chaleur a été multipliée par sept depuis les années 1980, avec un quintuplement de la mortalité liée à ces événements.
L'étude affirme que le changement climatique, provoqué par les activités humaines, intensifie ces événements météorologiques extrêmes. François Gemenne, chercheur et expert en climat, affirme que « la nécessité d'adopter des politiques d'adaptation devient inéluctable si l'on veut minimiser les impacts économiques et sociaux.»
Allianz Trade identifie également un seuil critique de 30°C, au-delà duquel la productivité des travailleurs commence à diminuer de manière significative. Par exemple, chaque degré supplémentaire dans la plage de 30 à 35°C entraînerait une perte de production horaire d'environ 1,3 dollar, correspondant à près de 3 % de la production horaire moyenne entre 2014 et 2024.
Cette baisse de productivité se conjugue à une augmentation des coûts, car la consommation énergétique grimpe de 1,2 % par degré, exacerbant une situation déjà délicate. Cela se traduit par une contraction des revenus, une baisse de la consommation des ménages, et un risque de stagflation avec des prix et un chômage en hausse.
Les budgets des États ne sont pas épargnés : l’étude estime une réduction possible des recettes fiscales allant jusqu'à 1,8 % par an en France. Les dépenses publiques, quant à elles, sont en augmentation, et incluent des coûts liés à la santé, aux infrastructures, et aux transferts indexés sur l’inflation. Allianz Trade anticipe une détérioration moyenne des soldes budgétaires de 0,5 % du PIB chaque année, ce qui pourrait signifier une augmentation potentielle de 2,2 % du déficit public en France.







