Ce mardi, la députée de La France Insoumise (LFI), Sophia Chikirou, se présente devant le tribunal correctionnel de Paris, accusée d'escroquerie. Elle est soupçonnée d'avoir tenté d'effectuer un virement de fonds d'une société qu'elle n'avait plus sous sa direction et d'avoir subtilisé deux chèques, accusations qu'elle rejette fermement.
En effet, l'ancienne candidate à la mairie de Paris, qui avait récolté 7,96 % des voix au second tour des dernières municipales, est accusée d'avoir essayé à plusieurs reprises de tromper la banque Crédit du Nord à l'été 2018, en faveur de Mediascop, une société de conseil qu'elle avait fondée et co-dirigée. Selon les allégations, Chikirou tentait d'obtenir une somme dépassant les 67,000 euros, somme que le site d’information Le Média, cofondé par elle, aurait dû recevoir.
Dans une déclaration faite à l'AFP, Chikirou a qualifié ce procès d'"incompréhensible". Elle a souligné qu'il n'y avait, selon elle, "ni victime, ni préjudice, ni même de réalité frauduleuse établie". La députée exprime l'espoir que cette audience permettra de mettre un terme à des années de ce qu'elle appelle "harcèlement judiciaire et médiatique". Elle insiste sur le fait qu'il n'y a eu ni vol de chèques ni tentative d'escroquerie vis-à-vis de la banque.
Un procès qui déclenche la colère de Sophia Chikirou
Durant l'enquête, l'accusation a révélé un "commencement d'exécution" de la part de Chikirou qui aurait usurpé son statut de présidente de Le Média pour demander un virement qui n'est jamais allé à terme en raison d'un solde insuffisant sur le compte. Le chargé de compte aurait exprimé des réserves sur l'opération, compte tenu des spécificités de la situation, alors que la "nouvelle présidente" avait fait opposition.
Cette controverse s’inscrit dans un contexte de tension dans la carrière de Chikirou, son départ du Média ayant déjà soulevé des critiques sur ses méthodes de gestion. Plus récemment, elle a donné un éclairage sur la nature politique de cette affaire, affirmant qu'il s'agissait d'un "procès décidé par le ministère public", dont le but serait de ternir son image dans le cadre de ses ambitions politiques pour la mairie de Paris.
Une première affaire judiciaire en 2024
Âgée de 46 ans, Sophia Chikirou, a fait ses débuts en politique dans les années 90 au sein du Parti Socialiste avant de passer par plusieurs formations politiques, y compris le Parti de gauche. Députée depuis 2022, elle est connue pour sa proximité avec Jean-Luc Mélenchon, dont elle s'est occupée de la communication lors des campagnes présidentielles.
Elle fait également face à des accusations d'escroquerie aggravée dans un autre dossier lié à la campagne de 2017 de Mélenchon, concernant des soupçons de surfacturation par Mediascop. Chikirou maintient qu'il n'y a pas eu d'irrégularités dans cette situation également. Les développements de cette affaire, qui résonnent fortement sur la scène politique française, seront donc à suivre de près.







