Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a déclaré ce dimanche que la nationalisation de TotalEnergies n'est pas seulement souhaitable, mais aussi économiquement viable. Interrogé lors du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Échos, il a précisé que cette opération pourrait rapporter à l'État français une rentabilité significative.
Selon Bompard, l'État ne devrait pas envisager d'acheter 100 % des actions de la société, dont la capitalisation boursière atteint environ 174 milliards d'euros. Il estime qu'un investissement autour de 70 milliards d'euros serait suffisant, une somme qu'il considère comme un bon placement si l'on prend en compte les bénéfices passés de l'entreprise. En effet, TotalEnergies a distribué environ 100 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires, dont beaucoup sont basés à l'étranger, comme BlackRock, un fonds d’investissement américain.
La question de la nationalisation survient dans un contexte délicat, où le groupe pétrolier a enregistré des profits records, sous l'impact de la hausse des prix des hydrocarbures. Au premier trimestre 2026, il a annoncé un bénéfice de 4,96 milliards d'euros, soit une augmentation de 51 % par rapport à l'année précédente. Cette situation a relancé les discussions sur la taxation des superprofits liée aux événements géopolitiques récents.
François Hollande, ancien président de la République, a également évoqué cette problématique sur France 3, appelant le gouvernement à offrir plus de transparence aux citoyens face à la hausse des prix des carburants. Il suggère des mesures d’aides étendues pour les ménages, notamment des chèques ciblés, dépassant ceux actuellement envisagés.
Dans ce contexte, la position de Manuel Bompard s'inscrit dans un débat plus large sur le contrôle gouvernemental des entreprises stratégiques et la volonté de sécuriser l'approvisionnement énergétique du pays dans les années à venir.







