En dépit de l'interdiction en vigueur, près de 1,5 million de Français ont déjà eu recours à des tests ADN pour mieux comprendre leurs origines. Ce mercredi, l'Assemblée nationale se penche sur une proposition de loi visant à légaliser ces tests, cruciaux pour de nombreux citoyens nés sous X ou adoptés.
Les tests ADN, bien que soutenus par la plupart des pays voisins, sont toujours prohibés en France. L'initiative législative émanant du groupe Ensemble pour la République sera débattue lundi prochain après un passage en commission des lois en mai dernier. Les États généraux de la bioéthique de 2026 estiment qu'entre 1,5 et 2 millions de Français ont déjà réalisé un test ADN, signalant l'importance de cet outil pour des individus en quête de leur identité.
Céline raconte : "J'ai l'impression d'être une criminelle"
Céline, âgée de 41 ans, a connu un parcours difficile pour tenter de retrouver sa mère biologique. Originaire du Sri Lanka, elle a été adoptée en 1983. Ayant retrouvé sa mère, elle souligne : "On a besoin de ce test ADN parce qu'il y a eu beaucoup de pratiques illégales dans le cadre des adoptions internationales". Céline a rencontré de multiples obstacles pour obtenir les tests ADN nécessaires depuis la France.
"J'ai dû cacher les bâtonnets dans mes affaires de toilettes pour les faire passer à la douane, car ils avaient été bloqués plusieurs fois" déclare-t-elle, ajoutant : "Je me sentais presque coupable, comme une criminelle". Finalement, elle a pu confirmer la filiation qu'elle avait tant désirée avant de retrouver sa mère lors d'un voyage au Sri Lanka.
Audrey, une avocate en quête d'identité
Audrey, 48 ans, a également réalisé un test ADN après avoir appris qu'elle était issue d'une procréation médicalement assistée avec un donneur. "Cela a été un véritable bouleversement pour moi, surtout en tant que spécialiste en droit de la bioéthique", explique-t-elle. Depuis 2021, la loi française ne permet plus les dons anonymes, mais Audrey fait partie de ceux qui ne peuvent pas bénéficier de cette nouvelle réglementation.
Pour se prémunir d'une potentielle consanguinité avant son mariage, elle a fait effectuer un test. "J'ai retrouvé une demi-sœur que j'avais défendue sept ans auparavant, et le donneur, Gérard, vit tout près de chez moi", raconte-t-elle avec un sourire. Audrey se dit heureuse de pouvoir enfin établir des liens avec sa famille biologique : "Je me sens enfin ancrée".
Une loterie génétique pour certains
Pour Élodie, née sous X à Niort, les résultats se sont révélés décevants malgré sa foi dans l'outil. Bien qu'elle ait identifié des connexions familiales, la réalité des résultats la laisse perplexe : "Des correspondances très lointaines, c'est difficilement exploitable". Malgré tout, elle demeure déterminée à poursuivre sa quête avec l'aide d'une généalogiste bénévole.
La légalisation des tests ADN pourrait offrir un nouvel espoir à ces millions de Français en quête de leurs racines, leur permettant de trouver l'identité qui leur a été longtemps cachée. À l'heure où le débat s'intensifie, il est impératif que la voix de ces citoyens soit entendue, pour que chacun puisse avoir accès à son histoire et à son patrimoine.







