La controverse autour de l'ouverture du restaurant Master Poulet à Saint-Ouen a pris un tournant médiatique important, soulevant des débats passionnés à l'échelle nationale. Lors d'une intervention sur BFMTV, le maire Karim Bouamrane a clairement exprimé son refus de goûter à la nourriture de l'enseigne, affirmant que le sujet mérite une attention sérieuse.
Depuis l'inauguration de Master Poulet le 11 avril, une véritable bataille s'est engagée entre la municipalité et le fast-food. Bouamrane, qui a fermé le restaurant trois jours après son ouverture, a assuré que l'établissement avait été installé sans autorisation préalable, contredisant ainsi la volonté de la mairie qui avait déjà refusé ce projet. En signe de protestation, des blocs de béton ont été placés devant l'entrée du restaurant.
Cette situation a pris une tournure judiciaire, Master Poulet ayant saisi le tribunal administratif de Montreuil. La justice a reconnu que l’action de la mairie était « manifestement illégale » et lui a ordonné de retirer les obstacles. Cependant, elle a également statué que le fast-food n'était pas autorisé à occuper sa terrasse.
C'est pour montrer ce que c'est
En plein débat sur BFMTV, le maire a été confronté à une situation cocasse lorsque des présentateurs ont décidé de sortir des plats de l’enseigne pour questionner son opinion. Malgré l'insistance des journalistes, Karim Bouamrane a maintenu sa position, affirmant que cela touchait à des problématiques plus larges de pouvoir d'achat et de sécurité alimentaire en France. Il a déclaré : « On parle d'agriculture, d'aménagement urbain... » tandis que les présentateurs semblaient apprécier les plats proposés.
"C’est un sujet sérieux": le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane refuse de goûter du Master Poulet pic.twitter.com/qB41BB9spA
— BFM (@BFMTV) May 4, 2026
Un débat politique enflammé
Sur les réseaux sociaux, Bouamrane a exprimé ses craintes concernant l'impact de Master Poulet sur le voisinage, évoquant des nuisances nocturnes et des livraisons à des heures inappropriées. Le maire socialiste, récemment réélu, a souligné leur volonté d'assurer une alimentation saine et accessible pour tous dès le plus jeune âge.
Le fast-food, qui dispose de 36 établissements dans le pays, a pour sa part affirmé qu'il n'avait pas besoin de l'autorisation préalable de la mairie pour opérer. En réponse aux accusations, l'enseigne a mentionné les fréquentes inspections faites par les autorités sanitaires qui auraient constaté le bon état de ses installations.
La controverse s'est intensifiée avec l'intervention d'élus de La France insoumise, qui ont accusé le maire de jouer sur les peurs liées à la malbouffe pour justifier une logique de gentrification. Éric Coquerel, député LFI, a exprimé son soutien à l'enseigne, arguant que la mairie visait à imposer des commerces inaccessibles à certains habitants.







