À partir de maintenant, tout homme allemand âgé de 17 à 45 ans qui souhaite quitter le pays pour plus de trois mois doit obtenir une autorisation de la Bundeswehr. Cette obligation, récemment réintroduite, a été soumise à un coup de projecteur grâce à une nouvelle loi sur la conscription, comme le rapporte le journal Die Tageszeitung.

Avec l'entrée en vigueur de cette loi en début d'année, l'Allemagne renoue avec un service militaire principalement basé sur le volontariat. Cependant, cette disposition législative, qui n'avait pas été appliquée depuis longtemps, soulève de nombreuses questions et inquiétudes, surtout pour ceux qui envisagent des séjours prolongés à l'étranger.

Un Allemand désireux de partir à l'étranger pour un semestre, de prendre un congé sabbatique ou d'entreprendre un projet professionnel devra désormais obtenir l'autorisation de l'armée. Cette décision controversée incite le journal berlinois à faire remarquer : "La Bundeswehr contre tout déploiement à l'étranger, tant qu’il est privé."

Le grand oublié des débats

Cette réglementation a suscité des réactions vives, notamment parce que, selon Die Tageszeitung, "cette obligation n’était jusqu’ici absolument pas connue" du public. De plus, "sa réintroduction n'a pas fait l'objet de discussions approfondies dans le cadre des débats politiques sur le nouveau service militaire", laissant les citoyens dans l'ignorance. Le ministère de la Défense n'a pas non plus évoqué cette exigence dans ses communications.

Le ministère a cependant tenté de calmer les esprits en affirmant que toutes les demandes seraient acceptées tant que le service resterait sur la base du volontariat. Cependant, aucune indication n’a été donnée quant à la nécessité pour les jeunes hommes d’informer la Bundeswehr sur leurs déplacements à l'étranger, soulevant des interrogations concernant la surveillance de ces séjours prolongés.

Aujourd'hui, il n'existe pas de sanctions pour ceux qui choisiraient d'ignorer cette obligation relative aux voyages. Die Tageszeitung souligne également que le rétablissement d'un service militaire obligatoire pourrait encore faire débat et nécessiterait un vote au Bundestag.