Les tensions entre Israël et le Hezbollah ne sont guère récentes, mais leur intensité atteint aujourd'hui des sommets inédits. Cet article propose un retour sur les événements clés qui ont jalonné plus de quarante ans de conflit entre l'État hébreu et la milice chiite, soutenue par l'Iran.
Pour une analyse détaillée, visionnez le reportage complet.
Malgré des affirmations selon lesquelles le Hezbollah serait affaibli et isolé, il a récemment décidé d'ouvrir un nouveau front contre Israël par des frappes de roquettes, en soutien à la République islamique d'Iran, le 1er mars 2026. Quarante-quatre ans d'histoire marquées par les affrontements avec l'État hébreu.
Les origines remontent à l'invasion israélienne du Liban en 1982. Pour contrer cette agression, l'Iran a formé une guérilla, le Parti d'Allah, plus connu sous le nom de Hezbollah. Ce groupe adopte une rhétorique militante : "mort à l'Amérique", "mort à Israël" et "Khomeini est notre chef". Ainsi, le Hezbollah s'est rapidement imposé comme l'ennemi juré d'Israël et de l'Iran.
En 1992, l'assassinat du chef du Hezbollah ouvre la voie à Hassan Nasrallah, qui devient une figure emblématique dans l'opposition à Tel-Aviv. Sa stratégie militaire est claire : "S'ils s'attendent à notre épuisement, nous allons leur fournir une série de défaites", a-t-il déclaré. Le Hezbollah se transforme alors en un puissant groupe paramilitaire, sous l'œil bienveillant de Téhéran.
Récits de la déroute de 2024
En 2006, après l'enlèvement de deux soldats israéliens, Israël lance une opération militaire contre le Hezbollah. Ce conflit amène des pertes humaines significatives, tant pour Israël (119 militaires) que pour la milice, qui clame une victoire divine. Selon Karim Emile Bitar, chercheur associé à l’IRIS, "cette guerre a démontré la capacité dissuasive du Hezbollah, affirmant ainsi son rôle militaire au Liban".
Israël, en réaction, n'atteint pas non plus ses objectifs politiques et économiques au Liban, où le Hezbollah agit comme un État dans l'État. Cependant, l'année 2024 signale un tournant, avec une opération de renseignement israélien sans précédent. Après plusieurs explosions ciblées, Hassan Nasrallah est tué, compromettant la structure du Hezbollah.
Toutefois, le soutien iranien s'intensifie. Antoine Basbous, politologue, indique que "l'Iran a réussi à transférer un milliard de dollars au Hezbollah, renforçant ses capacités militaires en prévision d'affrontements futurs". À chaque confrontation, le Hezbollah semble en sortir renforcé, malgré les promesses israéliennes de mettre fin une fois pour toutes à cette guerre. Le président Isaac Herzog a solennellement réaffirmé cet objectif le 10 mars, affirmant que l'élimination du Hezbollah est désormais une priorité stratégique.







