Le Royaume-Uni, à la différence de la France, publie des statistiques sur la diversité religieuse au sein de sa population carcérale, offrant ainsi un aperçu fascinant des croyances de ses détenus. Environ 0,5 % des prisonniers se déclarent hindous, un chiffre largement inférieur à leur proportion dans la population globale. En revanche, une portion impressionnante de 18 % des détenus se revendiquent musulmans, soit un taux trois fois supérieur à la moyenne nationale.
Cependant, il serait inexact de conclure que l'islam est la confession la plus prédominante dans les établissements pénitentiaires. En fait, une autre foi a largement surpassé toutes les autres : le paganisme. Le nombre de prisonniers identifiés comme adeptes de la Fédération païenne a explosé, passant de 79 au début du siècle à 1 172 aujourd'hui. Cet effet de masse est dû en grande partie à des détenus, souvent associés à des groupes d'extrême droite, qui se déclarent païens lors de leur arrestation.
Depuis l'instauration de l'Equality Act de 2010, qui reconnaît les croyances philosophiques au même titre que les religions, les païens en prison jouissent de droits cultuels spécifiques. Ces droits incluent la possibilité de porter des bijoux représentant leur foi (cela ayant été jugé essentiel pour réduire le stress), l'accès à des jeux de tarot (sous contrôle sécuritaire), et la présence d'aumôniers païens, de plus en plus nombreux avec près de 20 à travers le pays, rémunérés par l'État. Une récente annonce a été mise en ligne pour recruter un aumônier pour la prison de Norwich, avec un salaire attractif de 42 000 euros par an, qui comprend étonnamment la possibilité d’être équipé d’une baguette magique, à condition qu'elle soit flexible.
Ce phénomène soulève des questions importantes sur la représentation religieuse et l'évolution des croyances en milieu carcéral, d'autant plus que le taux de païens en prison est 200 fois supérieur à leur représentation dans la société britannique, selon des analyses de sources médiatiques comme The Independent. Les défis et les droits spécifiques de ces individus témoignent d'une complexité méconnue dans le système pénitentiaire britannique et d'une réflexion en cours sur la diversité des croyances.
Il reste à déterminer si cet élan vers le paganisme sera durable ou s'il s'agit d'un phénomène temporaire lié aux événements sociopolitiques récents.







