Figure emblématique de la République islamique, Ali Khamenei a symbolisé pendant des décennies la lutte contre le "Grand Satan" américain et son ennemi invétéré, Israël. Les frappes du 28 février ont non seulement entraîné sa mort, mais ont également coûté la vie à d'autres hauts responsables iraniens, pendant que la République islamique répondait par des tirs de missiles en représailles.
Étiqueté par Donald Trump comme l'une des personnalités les plus maléfiques de l'histoire contemporaine, Khamenei demeure, à 86 ans, le doyen des chefs d’État du Moyen-Orient. En tant que guide suprême, il a exercé un pouvoir quasi absolu sur les affaires religieuses, politiques et militaires du pays.
Né le 19 avril 1939 à Machhad, d'une famille modeste, il a d'abord pris part à la lutte contre le chah, Reza Pahlavi, ce qui lui a valu plusieurs années d'incarcération. Sa carrière politique a véritablement décollé après la révolution iranienne, lorsqu'il est devenu président en 1981, puis guide suprême après la mort de l'ayatollah Khomeini en 1989.
Des crises et des contestations
Son mandat a été marqué par des révoltes notables, comme le Mouvement vert en 2009 et le mouvement "Femmes, Vie, Liberté" après la mort de Mahsa Amini en 2022. Ces manifestations, qu'il n'a jamais hésité à qualifier de tentative de coup d'État orchestrée par des ennemis étrangers tels qu'Israël et les États-Unis, lui ont permis de justifier une répression féroce.
Les Gardiens de la Révolution et la politique étrangère
Khamenei a supervisé l’extension de l'influence des Gardiens de la Révolution sur le pays et au-delà, à travers des opérations au Liban, en Irak et en Syrie. En réponse à la menace perçue d'Israël, il a souvent tenu des discours martiaux, qualifiant l'État hébreu d'une "tumeur maligne" à retirer.
L’économie iranienne a, sous sa direction, souffert de sanctions internationales. Malgré quelques succès temporaires dans les années 90, l'échec à maintenir des réformes substantielles a plongé le pays dans une crise économique prolongée.
Un homme de culture
Au-delà de son rôle politique, Khamenei était passionné de littérature, admirant Victor Hugo et la poésie. Ses goûts littéraires, toutefois, n’ont pas empêché son régime de restreindre la liberté d'expression, y compris dans les arts.
Sa mort dans le contexte de frappes militaires marque la fin d'une ère pour l'Iran, une période de tensions incessantes avec l'Occident et des luttes internes qui continueront à façonner l'avenir de la République islamique.







