San Fernando de Apure (Venezuela) – L'accueil de Reinardo Morillo, à peine sorti de prison, a été éblouissant. À sa descente de camionnette, ses deux fils lui sautent au cou, entourés de ballons multicolores et d'une foule enjouée, célébrant sa libération grâce à une amnistie récemment adoptée par le gouvernement interim de Delcy Rodriguez, sous pression des États-Unis.
"Cette liberté et cet amour familial sont inestimables", déclare-t-il, ému jusqu'aux larmes, alors qu'il est entouré de parents et d'amis. En écho à ce moment de joie, une banderole à l'entrée de son domicile proclame : "Bienvenue à la maison", tandis que l'hymne national vénézuélien retentit en fond sonore.
Malgré l'ambiance festive qui règne, c'est un jour chargé d'émotions pour Reinardo Morillo, prisonnier politique pendant un an, accusé à tort de trahison et de terrorisme à la suite d'une enquête sur les abus des services de contre-espionnage, selon sa famille et des sources proches de l'affaire.
Son épouse, Grecia Arana, qui a campé devant la prison durant des semaines pour encourager les libérations, exprime sa joie tout en maintenant une forte revendication. "Le combat continue. Il reste encore trop d'innocents derrière les barreaux. Mon mari est à nos côtés maintenant, mais tant qu'ils ne seront pas tous libres, notre lutte ne cessera pas", déclare-t-elle, le regard déterminé.
Un quartier en fête
Sitôt que la camionnette a été aperçue, les habitants du quartier 9 de Diciembre se sont précipités pour accueillir Morillo, les enfants courant avec des ballons pour célébrer le moment. Malgré la joie qui les entoure, il se fait discret sur ses mois de détention, préférant savourer ces moments précieux avec sa famille.
"Je dois d'abord profiter de ces instants avec ma famille avant de m'ouvrir à d'autres réflexions sur cette expérience", avoue-t-il, en serrant dans ses bras ses jeunes fils, Rey Isnardo et Ulises.
La fête se prolonge jusqu'à la tombée de la nuit, tandis que des chants et des danses résonnent dans la rue, symbolisant l'espoir renouvelé d'une vie meilleure pour tous ceux qui continuent de se battre pour la liberté au Venezuela.
Au total, 217 personnes ont été libérées grâce à cette loi d'amnistie, mais des ONG comme Foro Penal pointent du doigt le fait que plus de 500 prisonniers politiques sont encore incarcérés. Cette nouvelle mesure est-elle un premier pas vers un régime plus libéral, ou n'est-ce qu'une manœuvre politique ? Les jours à venir pourraient apporter des précisions.
Reinardo Morillo, bien que de retour dans son foyer, incarne désormais l'espoir d'un changement positif pour tant d'autres au sein d'un Venezuela tourmenté.
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