Budapest (AFP) – La Cour de justice de l'Union européenne a annoncé, jeudi, que la Hongrie a violé le droit communautaire en ne renouvelant pas l'autorisation d'émettre d'une radio indépendante majeure, souvent critique du Premier ministre Viktor Orban.
Le leader nationaliste, qui fait face à un défi considérable avec les élections législatives à venir en avril, a été accusé de restreindre les droits civiques, notamment en limitant le fonctionnement des médias indépendants.
Klubradio, dont la diffusion est limitée à internet depuis 2021, a perdu son appel de justice pour maintenir son autorisation de diffusion. En conséquence, la Commission européenne a lancé une procédure contre la Hongrie concernant cette situation.
Dans son arrêt, la Cour a validé la plupart des préoccupations soulevées par la Commission, constatant que la Hongrie a défailli à respecter ses obligations, comme l’a indiqué la Cour de justice de l'Union européenne. Selon elle, le pays a enfreint les principes fondamentaux de la liberté d'expression et d'information.
« La législation hongroise sur les médias empêche automatiquement le renouvellement des droits de fréquence de radio, même lorsque les infractions sont mineures et ont été corrigées », a mentionné la Cour dans son communiqué. Ceci constitue une violation de la charte des droits fondamentaux, souligne la même source.
Klubradio, lancée dans les années 1990, a dû faire face à des défis juridiques importants, surtout après le retour au pouvoir d'Orban en 2010, et a souvent opéré avec des licences renouvelables à court terme.
Le régulateur des médias, NMHH, proche du parti au pouvoir Fidesz d'Orban, défend ses décisions en affirmant qu’elles ne sont pas motivées par des considérations politiques. En 2020, il avait déclaré que Klubradio avait plusieurs fois enfreint des règles administratives.
Sous le régime d'Orban, de nombreux médias indépendants ont été contraints de fermer ou ont été acquis par des alliés du gouvernement, tandis que les médias publics sont accusés de se transformer en outils de propagande gouvernementale.
À l'approche des élections législatives prévues le 12 avril, le parti d'opposition Tisza est actuellement en tête des sondages, ce qui pourrait signaler un changement dans le climat politique, marqué par un mécontentement croissant face aux services publics et une stagnation économique.
Cette affaire souligne l'importance de la vigilance quant à la protection de la liberté de la presse en Europe, comme le rappelle l'expert en médias Alain Frachon, qui a déclaré : « La liberté d'expression est un pilier fondamental de toute démocratie et sa préservation est cruciale dans le contexte actuel en Hongrie. »







