le soutien inébranlable des retraités de senlis aux familles ukrainiennes

Découvrez comment un couple de retraités redonne espoir à des familles ukrainiennes en France.
le soutien inébranlable des retraités de senlis aux familles ukrainiennes
Parc Asterix, juillet 2024. Dominique et Christine (au premier plan) aident au quotidien Viktoriia et ses deux enfants, Andrii et Katia. DR

Depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février 2022, Christine et Dominique se sont engagés à soutenir des familles réfugiées. En quatre ans, ils ont parrainé trois familles, aidant près de dix personnes à s'adapter à leur nouvelle vie en France.

“Aujourd'hui, Viktoriia a besoin de conseils pour acheter un lit”, confie Dominique. Chaque jour, ce couple de retraités continue à apporter une aide précieuse à Viktoriia, une mère ukrainienne, ainsi qu'à ses enfants et à leur grand-mère, tous arrivés d'Ukraine après l'invasion. D'une nécessité de base comme se procurer des affaires de première nécessité à des démarches administratives complexes, Christine et Dominique sont omniprésents pour faciliter leur quotidien.

Rien n'était anticipé pour eux lors de l'arrivée des réfugiés. En février 2022, alors qu'ils se rendaient à une collecte de vêtements, ils rencontrent Anna Canter, cofondatrice de l'association Terre d'Ukraine. Cette dernière, débordée d'appels de familles fuyant la guerre, leur explique qu'il y a un besoin urgent de soutien et de familles d'accueil en France.

Bien qu'ils ne puissent pas héberger, étant encore actifs dans leurs professions respectives, ils optent pour un engagement en tant que parrains. “Une goutte d’eau dans la mer”, reconnait Christine, en évoquant les 11 millions de personnes forcées de quitter leur foyer depuis le début des hostilités, selon un rapport de l’ONU. Néanmoins, leur contribution a permis à plusieurs familles de retrouver un semblant de normalité.

un accompagnement humain et social

Parmi les familles qu'ils soutiennent, se trouvent deux sœurs avec leurs enfants, mises en contact avec le couple dès le printemps 2022. En orchestrant le suivi social et administratif, Christine et Dominique s'efforcent de démêler un système souvent déroutant pour ceux qui ont perdu leurs repères. “On essaie surtout de recréer des repères”, souligne Christine, conscient de la complexité des démarches, encore plus pour des personnes déplacées.

Leurs efforts ne s'arrêtent pas là ; ils assistent également une adolescente en situation de vulnérabilité au sein de sa famille d'accueil. En continuant à soutenir Viktoriia et sa famille jusqu'à aujourd'hui, ils créent des liens significatifs.

des sorties mémorables : parc astérix et dieppe

La dynamique familiale se compose d'Andrii, 15 ans, et Katia, 11 ans. Outre les aspects pratiques du quotidien, Christine et Dominique ont également su apporter un peu de joie à ces enfants. Pour l'anniversaire de Katia, ils les ont emmenés au Parc Astérix, une expérience inoubliable pour elle. Ils ont même fait découvrir la mer à Dieppe, une première souvent entourée d'émotions pour ces Ukrainiens qui n'avaient jamais voyagé avant la guerre.

Dominique rappelle humblement : “on n’est pas des super-héros”. Ils ne cherchent pas à s'attirer des louanges, mais souhaitent plutôt mettre en lumière le courage des familles réfugiées. “Elles ont vraiment du courage, pas nous”, souligne-t-il.

Après quatre années, ces relations ont perduré même pour les familles qui sont retournées en Ukraine. “On leur écrit régulièrement pour prendre de leurs nouvelles”, précise Christine.

« l’important, c’était juste de se parler »

Un souvenir touchant pour Christine inclut une séparation poignante avec Antonina, la mère de l'adolescente, qui avait passé une semaine chez eux. “Quand elle est repartie, elle m’a prise dans ses bras en pleurant. C’est le genre de moment qu’on n’oublie pas.”

D’autres souvenirs apportent des sourires, comme ces moments partagés autour de la table, malgré les barrières linguistiques. Christine se souvient : “On se comprenait altérniativement en russe, en français et en anglais. L’essentiel, c’était d’être ensemble.”

À ce jour, l'association Terre d'Ukraine a logé une centaine de familles à Senlis et dans d'autres villes françaises, tandis que les bénévoles continuent à offrir des cours de français. Récemment, un élève musicien a proposé de former une chorale, “Les voix d'Ukraine”, qui a rencontré un grand enthousiasme, même chez ceux qui apprennent la langue pour chanter avec eux. “La boucle me semble bouclée”, conclut Anna Canter, fière de cet engagement collectif.

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