Ce lundi, le Venezuela a sollicité l'Organisation des Nations unies pour la libération "immédiate" de l'ex-président Nicolas Maduro, tout en procédant à la libération de plusieurs prisonniers dans le cadre d'une amnistie récemment instaurée par la présidente par intérim, sous la pression des États-Unis.
"Nous sommes libres!" ont proclamé une trentaine de détenus, têtes rasées et vêtus de T-shirts blancs, en sortant de la prison de Rodeo 1, située à une quarantaine de kilomètres de Caracas, accueillis par des proches qui les attendaient depuis des semaines.
"Justice! Liberté!", ont scandé plusieurs cadets libérés après avoir été accusés de complot. Nicolas Maduro et sa femme, Cilia Flores, avaient été capturés lors d’une opération militaire américaine spectaculaire le 3 janvier 2026. Les deux attendent d’être jugés pour trafic de drogue à New York, où Maduro s’est décrit comme un "prisonnier de guerre".
Sous la pression de Washington, la vice-présidente Delcy Rodriguez a pris les rênes du pouvoir et a opéré d'importants changements, notamment en promulguant une loi d’amnistie pour les prisonniers politiques et en réformant le secteur pétrolier pour le rendre accessible aux investisseurs privés.
Lors d'une réunion au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Yvan Gil, a plaidé pour la "libération immédiate" de Maduro, dénonçant une "opération militaire illégale" qui aurait causé la mort de plus de 100 personnes et établissement de détentions arbitraires, notamment celle de Maduro et de son épouse.
Seule la loi d’amnistie promulguée récemment devrait permettre la libération de centaines de détenus politiques. Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale, a déclaré que 1 500 personnes avaient fait une demande pour en bénéficier. Toutefois, certains défenseurs des droits humains estiment que cette loi reste insuffisante, car elle ne couvre pas les violations militaires, fréquentes dans la prison de Rodeo 1. En effet, environ 200 détenus y ont entamé une grève de la faim au cours du week-end.
Un certain nombre de détenus ont néanmoins pu recouvrer la liberté, notamment une trentaine qui ont été relâchés ces derniers jours. "Cela a été quarante-cinq jours d'attente pour mon fils, le voilà à mes côtés, merci!", a témoigné Manuel Vieira Rodriguez, le père d'un cadet libéré, exprimant des sentiments d'espoir malgré les épreuves traversées.
Un des cadets, Jesus Daniel Rivas Avila, a partagé son expérience où il a été victime de torture et de négligence médicale au sein de la prison, affirmant avoir contracté plusieurs maladies graves et avoir subi de mauvais traitements physiques. Malgré tout, il aspire à poursuivre sa carrière militaire.
En ligne avec les concessions faites aux États-Unis, le gouvernement vénézuélien a également annoncé le début de la transformation de l'Hélicoïde, une prison tristement célèbre pour les tortures et les détentions abusives. Bien que la présidente par intérim ait promis sa fermeture, des détenus y sont encore enfermés.
De plus, Camilla Fabri, l'épouse d'Alex Saab, un homme proche de Maduro, a été évincée du gouvernement. Saab, qui avait été capturé en 2020 et extradé vers les États-Unis pour des accusations de détournement d'aide alimentaire, a été échangé contre dix Américains retenus au Venezuela, mais sa situation juridique demeure incertaine. Sa présence reste, selon certaines sources, placée sous surveillance, ce qui soulève des questions sur la direction que prendra le Venezuela dans les mois à venir.







