Paris (France) - "Une forme de fascination" pour les figures jihadistes. C'est ainsi que se caractérise le profil inquiétant de l'un des deux jeunes de 16 ans récemment mis en examen, qui a confessé avoir envisagé un projet d'"action violente" visant des lieux publics tels qu'un centre commercial ou une salle de concert.
Ces deux adolescents ont été arrêtés mardi dans le Nord de la France et présentés à la justice parisienne le vendredi suivant, selon des informations du parquet national antiterroriste (Pnat). Ils sont accusés d'"association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes d'atteintes aux personnes". Conformément aux exigences du Pnat, le leader présumé a été placé en détention provisoire, tandis que son acolyte a obtenu un contrôle judiciaire.
Le Pnat a ouvert une enquête judiciaire qui permettra à un juge d'instruction de mener des investigations plus approfondies, comme le rapportait le journal Le Parisien. Le principal suspect a reconnu avoir projeté une action violente, ciblant des espaces publics propices à un grand nombre de victimes.
Son compagnon est soupçonné de l'avoir encouragé dans ses convictions radicales. Selon le Pnat, le leader est décrit comme étant sensible à la propagande jihadiste et aurait même envisagé de se procurer une arme à feu ainsi que des produits chimiques pour mener des expériences de combustion à domicile.
Perturbation juvénile
Ces interpellations s'inscrivent dans une enquête ouverte par le Pnat en février 2026, confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Olivier Christen, procureur de la République antiterroriste, a observé un "rajeunissement" des profils interpellés, avec une majorité de personnes de moins de 20 ans, et une forte multiplication des mineurs. "Depuis quelques années, nous notons cette tendance inquiétante", a-t-il déclaré à l'AFP.
Le procureur a précisé que les individus concernés sont souvent isolés, en échec scolaire, et attirés par des contenus extrêmes sur des plateformes comme TikTok ou Telegram. Ces réseaux sociaux, par leur algorithme, les orientent rapidement vers des contenus jihadistes, leur inculquant l'idée que leur souffrance peut être réglée par la violence.
Les organisations terroristes encouragent ces comportements, prônant le passage à l'acte sans cercueil de contact direct avec elles, a souligné Olivier Christen.
Tension persistante
Dans son discours de rentrée en janvier 2026, le procureur a noté qu'en 2025, le Pnat a mis en examen 22 mineurs, représentant un tiers des procédures ouvertes cette année-là, et 20% des prévenus. Ce phénomène témoigne d'une évolution inquiétante des cas, où les projets violents s'élaborent sans lien direct avec des organisations terroristes mais s'inspirent de la propagande jihadiste accessible sur le net.
En 2025, la menace terroriste jihadiste a dominé l'activité du Pnat, représentant 87% des enquêtes ouvertes. Selon les autorités, cette situation s'inscrit dans une phase prolongée de tensions élevées, avec un nombre d'enquêtes en hausse significative par rapport aux années précédentes, atteignant un maximum depuis cinq ans.
© 2026 AFP







