Le président polonais, Karol Nawrocki, a annoncé le 18 février son veto à un projet de loi du gouvernement pro-européen, qui visait à restaurer l'indépendance du Conseil national de la magistrature, longtemps sous la coupe politique.
Ce Conseil, essentiel pour garantir la nomination et l'autonomie des juges, avait subi des modifications controversées sous la direction du parti nationaliste Droit et Justice (PiS), qui a dominé la Pologne de 2015 à 2023. Sous cette réforme, la nomination des magistrats, auparavant confiée à d'autres magistrats, a été transférée aux députés de la Diète, majoritairement pro-PiS, ce qui a suscité une forte indignation, notamment de la part des institutions européennes, telles que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).
Profitant de sa promesse électorale de restaurer l'indépendance judiciaire, le Premier ministre Donald Tusk, à la tête d'une coalition de centre-droit, espérait inverser ces réformes. Cependant, son ancien rival, Karol Nawrocki, rencontré lors de sa campagne électorale, a élu en juin 2025 avec le soutien inconditionnel du PiS, choisit de s'opposer fermement à cette démarche.
Un « veto politique »
Depuis son entrée en fonction, Nawrocki a bloqué un nombre record de lois, que la coalition gouvernementale accuse de constituer un sabotage législatif. De plus, il a rejeté des nominations et des promotions de juges, ambassadeurs et agents de sécurité, exacerbant les tensions au sein du pays.
Concernant la réforme du Conseil national de la magistrature, Nawrocki a déclaré que le texte, bien que validé par les deux Chambres du Parlement, était « clairement inconstitutionnel et pourrait servir de moyen pour évincer des juges que le gouvernement actuel redoute ». Il a également averti que cette loi pourrait « plonger la Pologne dans une nouvelle phase de chaos ».
Le ministre de la justice, Waldemar Zurek, a vivement réagi en qualifiant ce veto de politique, affirmant que Nawrocki cherchait à attaquer des réformes vitales pour le fonctionnement des tribunaux. Dans le paysage politique polonais, le président joue un rôle essentiellement cérémoniel, mais détient un pouvoir de veto qui peut s'avérer crucial lorsque la majorité au Parlement n'atteint pas les 60 % de votes nécessaires pour contourner cette opposition.







