Karol Nawrocki : le veto qui freine l'indépendance judiciaire en Pologne

Le président polonais s'oppose à un texte crucial pour l'indépendance judiciaire.
Karol Nawrocki : le veto qui freine l'indépendance judiciaire en Pologne
Le président polonais, Karol Nawrocki, s’exprime lors d’une réunion du Bureau national de la sécurité au palais présidentiel, à Varsovie, en Pologne, le 11 février 2026. KUBA STEZYCKI / REUTERS

Le président polonais, Karol Nawrocki, a annoncé le 18 février son veto à un projet de loi du gouvernement pro-européen, qui visait à restaurer l'indépendance du Conseil national de la magistrature, longtemps sous la coupe politique.

Ce Conseil, essentiel pour garantir la nomination et l'autonomie des juges, avait subi des modifications controversées sous la direction du parti nationaliste Droit et Justice (PiS), qui a dominé la Pologne de 2015 à 2023. Sous cette réforme, la nomination des magistrats, auparavant confiée à d'autres magistrats, a été transférée aux députés de la Diète, majoritairement pro-PiS, ce qui a suscité une forte indignation, notamment de la part des institutions européennes, telles que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).

Profitant de sa promesse électorale de restaurer l'indépendance judiciaire, le Premier ministre Donald Tusk, à la tête d'une coalition de centre-droit, espérait inverser ces réformes. Cependant, son ancien rival, Karol Nawrocki, rencontré lors de sa campagne électorale, a élu en juin 2025 avec le soutien inconditionnel du PiS, choisit de s'opposer fermement à cette démarche.

Un « veto politique »

Depuis son entrée en fonction, Nawrocki a bloqué un nombre record de lois, que la coalition gouvernementale accuse de constituer un sabotage législatif. De plus, il a rejeté des nominations et des promotions de juges, ambassadeurs et agents de sécurité, exacerbant les tensions au sein du pays.

Concernant la réforme du Conseil national de la magistrature, Nawrocki a déclaré que le texte, bien que validé par les deux Chambres du Parlement, était « clairement inconstitutionnel et pourrait servir de moyen pour évincer des juges que le gouvernement actuel redoute ». Il a également averti que cette loi pourrait « plonger la Pologne dans une nouvelle phase de chaos ».

Le ministre de la justice, Waldemar Zurek, a vivement réagi en qualifiant ce veto de politique, affirmant que Nawrocki cherchait à attaquer des réformes vitales pour le fonctionnement des tribunaux. Dans le paysage politique polonais, le président joue un rôle essentiellement cérémoniel, mais détient un pouvoir de veto qui peut s'avérer crucial lorsque la majorité au Parlement n'atteint pas les 60 % de votes nécessaires pour contourner cette opposition.

Lire aussi

Les Français face à l'ombre du conflit au Moyen-Orient
Après les frappes en Iran, l'inquiétude grandit parmi les Français vivant au Moyen-Orient. Emmanuel Macron a réagi.
28 févr.
Alina Kabaeva : la face cachée d'un train de vie extravagant
Explorez comment Alina Kabaeva, compagne de Poutine, finance son train de vie avec des fonds caritatifs détournés.
28 févr.
L'iran assure que l'ayatollah Khamenei est en sécurité après les frappes alliées
Après les récentes frappes américaines et israéliennes, l'iran affirme que l'ayatollah Khamenei est vivant, suscitant des réactions et analyses géopolitiques.
28 févr.
La bataille présidentielle au Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso en pole position
La présidentielle de mars au Congo-Brazzaville s'annonce décisive, avec Sassou Nguesso en tête et une opposition affaiblie.
28 févr.
Israël face à la menace : l'état d'urgence en raison des ripostes iraniennes
Israël a décrété l'état d'urgence après une série de ripostes iraniennes. Les habitants témoignent de la situation alarmante.
28 févr.
Greenpeace condamné à une amende record aux États-Unis : une menace pour la justice environnementale
Greenpeace se heurte à une condamnation sans précédent de 345 millions de dollars aux États-Unis, soulignant les enjeux d'intimidation judiciaire pour les ONG environnementales.
28 févr.