Des agents de la SNCF et de la RATP armés de pistolets électriques pour plus de sécurité

Vers une sécurité renforcée dans les transports : des pistolets électriques pour les agents de la SNCF et RATP.
Des agents de la SNCF et de la RATP armés de pistolets électriques pour plus de sécurité
Les violences physiques ont augmenté de 4,8 % en Île-de-France l’an dernier, selon les chiffres de la préfecture de police de Paris. © (Photo d'illustration NR, Mathieu Herduin)

Ces quelques centaines d’agents seront formés. La mesure, annoncée par le ministre des Transports jeudi 19 février, vise à renforcer la sécurité dans les transports en commun tout en réduisant le recours aux armes létales.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a récemment annoncé qu’une poignée d’agents de sûreté de la SNCF et de la RATP seraient équipés de pistolets à impulsions électriques afin de gérer des situations de violence sur les réseaux de transport. Cette décision a été rendue publique le 19 février 2026.

Ces armes, souvent désignées par la marque connue Taser, seront déployées dans un premier temps à titre expérimental. Le ministre a affirmé que cela «  pourrait être une réponse adéquate » face à la montée des actes de violence dans les transports. D'après ses déclarations sur TF1, environ 10 % des agents de la police ferroviaire, soit entre 300 et 400 agents, seront potentiellement concernés dans les semaines à venir.

Actuellement, la SNCF comprend environ 3 000 agents rattachés à son service de police ferroviaire (Suge), alors que la RATP emploie un millier d'agents sous le Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR). Tous ces agents sont assermentés et formés, et détiennent déjà le droit de porter des armes à feu.

Une expérimentation menée pendant trois ans

Le port de cette arme « non létale » sera donc « expérimental » et durera trois ans, comme le stipule un décret publié dans le Journal officiel. L'objectif est d'« améliorer la gestion des situations à risque et de diminuer le recours aux armes à feu, ainsi que les risques d’atteintes corporelles pour les agents de sécurité et les usagers », selon le décret.

« Les usagers exigent une sécurité accrue dans les transports », a déclaré le ministre. Il a également précisé l'importance pour les forces de l'ordre « de se protéger et de protéger le public ». Une source au ministère a ajouté que, comme dans d'autres pays, notamment le Royaume-Uni, l'utilisation des Tasers a fait ses preuves dans des situations de crise, comme lors d'une récente attaque dans un train.

La sécurité des femmes prioritaire, selon la RATP

En Île-de-France, bien que les vols violents aient chuté de 9,8 % l'année dernière, les agressions physiques ont augmenté de 4,8 %. Selon des données de la préfecture de police de Paris, les violences sexuelles ont cependant enregistré une légère baisse de 0,9 %. Toutefois, une étude interne de la RATP a révélé que sept femmes sur dix ont déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles dans les transports, un constat alarmant. Le nouveau PDG de la RATP, Xavier Piechaczyk, a déclaré que la sécurité des femmes sera une priorité absolue pour l'organisme.

La RATP a également annoncé qu'elle mettrait en œuvre cette « nouvelle prérogative » le plus rapidement possible. Du côté de la SNCF, on se réjouit également de cette expérimentation, soulignant qu'elle permettra d'« améliorer les capacités opérationnelles des agents de sécurité en cas de situations critiques, grâce à cette arme de dissuasion qui permet d'intervenir à une distance allant jusqu'à dix mètres ».

Former les agents concernés

La mise en œuvre de cette mesure nécessitera la rédaction d'un arrêté détaillant les modalités d'utilisation ainsi qu'une formation adéquate pour les agents sélectionnés. Le ministère des Transports a souligné qu'une évaluation du dispositif sera effectuée à l'issue de la période d'expérimentation. Cette initiative faisait partie de la loi relative à la sûreté dans les transports, qui avait été initialement portée par Philippe Tabarot lorsqu'il était sénateur, mais qui avait été censurée par le Conseil constitutionnel pour vice de forme en avril 2025.

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