Le président des États-Unis, Donald Trump, a qualifié Cuba de "nation en faillite" lors d'une déclaration faite à bord de l'Air Force One. Ce discours, prononcé le 16 février, souligne la stratégie de Washington visant à accroître les pressions sur le régime de La Havane, tout en appelant à un accord entre les deux pays.
Trump a également rejeté l'idée d'une intervention militaire pour renverser le gouvernement cubain, option récemment évoquée par certains de ses conseillers à la suite des événements au Venezuela. "Je ne pense pas que cela soit nécessaire," a-t-il affirmé lors de sa rencontre avec les journalistes.
Alors que Cuba affronte d'importantes pénuries de carburant et des coupures d'électricité, les États-Unis intensifient leurs sanctions. Ces mesures visent à restreindre les entrées de devises sur l'île, principalement issues des missions médicales à l'international, du tourisme et de l'exportation de tabac.
Situations critiques pour les médecins cubains à l'étranger
Les missions médicales, qui représentent une source cruciale de revenus, pourraient voir leur financement menacé. Selon des données officielles, Cuba a exporté des services médicaux pour environ 7 milliards de dollars en 2025. Cependant, avec 24 000 professionnels de la santé déployés dans 56 pays, la situation est fragile, surtout au Venezuela, où la situation politique reste tendue.
Par ailleurs, les mesures de pression de Washington commencent à porter leurs fruits. Des pays comme le Guatemala et Antigua-et-Barbuda ont déjà rompu des accords de longue date avec Cuba, illustrant la portée des sanctions américaines dans la région.
Un blocus énergétique menaçant le tourisme
Le blocus énergétique imposé par les États-Unis pose un risque sérieux pour le secteur touristique cubain, déjà affaibli. Aucune cargaison de pétrole n'est arrivée sur l'île depuis début janvier, entraînant une diminution significative de l'activité touristique, qui emploie près de 300 000 personnes et génère des millions pour l'économie locale.
Les compagnies aériennes desservant Cuba commencent à annuler leurs vols en raison d'une pénurie de kérosène. Au moins cinq pays ont conseillé à leurs citoyens d'éviter de voyager vers Cuba en raison de ces inquiétudes.
L'impact dévastateur sur l'industrie du tabac
La production de cigares, une autre pilier économique du pays, souffre également des effets des sanctions. Les producteurs comme Héctor Luis Prieto alertent sur les défis rencontrés face à l'absence de carburant, impactant sévèrement les récoltes. En 2024, les cigares avaient rapporté environ 827 millions de dollars, mais les perspectives sont désormais incertaines.
La situation est si préoccupante qu'un festival international du cigare prévu à La Havane a été annulé, un événement qui générait chaque année des millions d'euros pour le secteur. En 2025, la vente aux enchères a rapporté plus de 16 millions d'euros, fonds généralement destinés au système de santé cubain, actuellement déjà sous pression.
Restrictions sur les envois d'argent
Les remises des Cubains vivant à l'étranger ont fortement diminué depuis que Western Union a suspendu ses services en 2020. Les Cubains se tournent désormais vers des intermédiaires, souvent appelés "mules", pour recevoir leur soutien financier. Le représentant républicain de Floride, Carlos Gimenez, a récemment appelé à une annulation de tous les vols vers Cuba, intensifiant encore la pression sur l'île.
Avec AFP







