Face aux défis du secteur, les viticulteurs pourront demander une aide financière jusqu'au 6 février.
« Le dispositif sera ouvert au plus tard le 6 février, et si nous le pouvons, nous l'ouvrirons quelques jours plus tôt. Nous récupérerons les candidatures pendant quatre semaines », a déclaré Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de FranceAgrimer, à propos de cette initiative de soutien aux viticulteurs. Cette démarche vise à initier rapidement les opérations afin de ne pas perdre une année viticole précieuse.
Le secteur viticole traverse une crise profonde exacerbée par le changement climatique et une évolution des habitudes de consommation. Les tensions commerciales, notamment les droits de douane imposés par l’administration Trump, ainsi que des épisodes de sécheresse et des canicules dans le Sud-Ouest, ont entretenu ce désarroi, selon des experts du secteur.
Le chardonnay épargné par le dispositif
Le gouvernement a prévu une enveloppe de 130 millions d’euros pour soutenir ce plan d’arrachage, avec une aide de 4 000 euros par hectare. Les viticulteurs désireux d'arrêter leur activité seront prioritaires, tout comme ceux envisageant un arrachage partiel de leurs vignes, à condition que celles-ci aient plus de dix ans et ne soient pas de cépage chardonnay. Ce cépage, emblématique de la Bourgogne et du Champagne, est considéré comme étant en adéquation avec la demande actuelle, comme l’a souligné Jérôme Despey.
L’arrachage partiel vise à adapter les vignobles aux exigences du marché. « Aller vers des marchés plus porteurs, promouvoir des vins désalcoolisés et plus frais est primordial », précise-t-il. Quant à l’arrachage total, « il représente un crève-cœur. Pour certains, cela peut faciliter une reconversion vers d'autres cultures », ajoute-t-il, soulignant la nécessité d'accompagner les vignerons dans cette période difficile.
Une étude réalisée en 2025 estime que 18 % des surfaces pourraient être candidates à l’arrachage total, ce phénomène étant particulièrement marqué dans le Sud-Ouest et le Languedoc, régions durement touchées par la crise. Il convient de rappeler que le précédent plan, qui avait pris effet en 2024, avait mobilisé 110 millions d’euros. Les opérations doivent recevoir l'approbation de Bruxelles ; cependant, Jérôme Despey demeure optimiste, car le « paquet vin » de l’UE a déjà été validé lors d’un « trilogue » entre les institutions européennes.







