Mardi dernier, Donald Trump a été chaleureusement accueilli à Ankara, où il a été flatté par le secrétaire général de l'Otan dans le but de le convaincre du réengagement des alliés européens dans la défense. Mercredi, il s’apprête à participer à la dernière journée d'un sommet tumultueux de l'Alliance.
Quelles seront ses déclarations ? Aura-t-il un ton conciliant, comme en 2025 à La Haye, où il avait qualifié le sommet de "succès monumental" pour l'engagement des nations à consacrer au moins 5 % de leur PIB à la défense ? Ou adoptera-t-il un discours plus aigre, gorgé d'accusations dirigées contre les Européens concernant leur soutien insuffisant lors de son opération militaire contre l'Iran ?
Au programme figurent la traditionnelle photo de famille avec les 32 dirigeants de l'Otan, une brève séance de travail, ainsi qu'une rencontre très attendue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
La journée se clôturera par une conférence de presse où Trump pourrait aborder des sujets inattendus, tels que le football et ses controverses. Il retournera ensuite à Washington à bord du nouvel Air Force One, un Boeing 747 fourni par le Qatar.
Arrivé à Ankara, Trump a complimenté le président turc Recep Tayyip Erdogan, tout en critiquant ses alliés européens, accusés d'avoir failli à soutenir les États-Unis pendant l'offensive en Iran. "J'ai été très déçu par l'Otan", a-t-il déclaré, ajoutant que sans l'amitié d'Erdogan, il n’aurait pas fait le voyage.
Concernant la situation en Ukraine, le dirigeant ukrainien sera au centre des attentions lors de sa rencontre avec Trump. Juste après un entretien jugé positif avec Vladimir Poutine, Trump a insinué qu'un accord pourrait être à portée de main : "Je pense qu'ils veulent tous les deux conclure un accord. J'espère que cela viendra bientôt."
Pour les Européens, il s’agit d'affirmer leur soutien envers Kiev, en se séparant de la dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis. En effet, ils s’engagent, en collaboration avec le Canada, à fournir plus de 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 et 2027, avec un accent particulier sur 30 milliards pour chacune de ces années, comme l'a souligné l'Union européenne.
En tant que candidat potentiel à l'adhésion à l'Otan, Zelensky a rebondi sur les capacités de défense de l'Ukraine, argumentant que son pays, qui a su développer des technologies de drones et même de missiles, mérite d'être intégré à l'Alliance. "Pensez-vous vraiment qu'il est sage d'exclure un pays avec un tel niveau de défense ?" a-t-il interrogé en faisant référence aux menaces persistantes de la Russie.
Bien qu'il ait assisté au dîner de gala avec les autres dirigeants, le président ukrainien ne sera pas présent lors des séances de travail du sommet. Le climat au sein de l’Otan est plus que jamais délicat, marqué par les enjeux de répartition des charges militaires entre ses membres.







