Situation des enseignants, remplacements compliqués, agressions et fermetures de classes... Les préoccupations montent au sein de l'Éducation nationale et les attentes d'actions concrètes se font pressantes.
Patrick Guionnet, de Niort (Deux-Sèvres) : « Suite à l'agression d'un enseignant [le 27 avril à Argentonnay], c'est avec indignation que je m'adresse à mes anciens professeurs. Où êtes-vous ? Vous qui avez semé en moi les graines de la citoyenneté et de l'érudition ? Que sont devenues vos planches à dessin et vos leçons sur les valeurs républicaines ? Les impactez-vous encore aujourd'hui ?
« À 70 ans, votre influence perdure dans ma vie. Lorsque l'un d'entre vous souffre, c'est un peu de mon enfance que je perds. C'est notre histoire qui est en jeu ! »
À Mmes Ferrand, Choudet, Gianesini, Munoz-Martin, Hurteau ; à MM. Clary, Betin, Carteraud. Avec le plus grand respect, un élève. »
Revaloriser le statut des enseignants
Benoît Duburcq, de Poitiers (Vienne) : « Une étude récente révèle que les élèves perdent entre 8 et 10 % de leurs heures d'enseignement chaque année scolaire, pour des raisons diverses : postes vacants, absences non remplacées, participation à des voyages pédagogiques, etc.
« La difficulté de trouver des remplaçants se fait sentir dès la rentrée. Pourquoi la situation demeure-t-elle inchangée ? Les enseignants, ayant suivi un parcours exigeant, se voient embarqués dans un tourbillon d'attentes. Ils doivent respecter un emploi du temps bien défini, alors que le travail préparatoire et administratif s'effectue souvent dans l'isolement.
« Organiser ces remplacements devient un véritable casse-tête, et les conditions salariales appliquées ne se montrent guère motivantes. On confond souvent travail de présentiel et télétravail, sans compensation pour les frais engagés par les enseignants eux-mêmes. N'est-il pas temps d'indemniser correctement nos éducateurs, de pérenniser leur statut, et de leur offrir les moyens nécessaires pour assurer correctement leur enseignement ? »
Un défi pour nos institutions
Alain Greillet, de Loudun (Vienne) : « L'éducation des enfants reflète l'état de notre démocratie. Chaque nouvelle fermeture de classe entraîne des manifestations de parents, d'élèves et d'élus. Mais que font réellement ceux qui sont censés défendre ces institutions ?
« Les fermetures sont vécues comme des décisions brutales, touchant des équilibres locaux fragiles. Les parents craignent pour l'avenir de leurs enfants, tandis que les enseignants tirent la sonnette d'alarme. Les élus doivent-ils s'opposer aux choix budgétaires qu'ils eux-mêmes ont approuvés ?
« La France est confrontée à un endettement croissant et à des enjeux internationaux complexes. Les parlementaires sont attendus pour proposer des solutions concrètes aux déficits dans l'éducation. Comment garantir la pérennité des postes d'enseignants au milieu de ces défis ? Les discours symboliques ne suffisent plus. »
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