Dans l'hôpital Jabal Amel de Tyr, gravement endommagé par une attaque israélienne qui a blessé 39 membres du personnel médical, le Dr Nasser Masri porte avec fierté un bébé récemment né, décrivant cette vie nouvelle comme "un message de vie et d'espoir".
Ce dernier souligne que, malgré les événements tragiques de la veille, une mère a tenu à accoucher dans cet établissement, renforçant ainsi l'idée que la vie trouve toujours son chemin.
La frappe, qui a causé la perte de quatre personnes et blessé 127 autres, a également laissé des séquelles profondes, avec plusieurs membres du personnel médical dans un état critique, selon le ministère de la Santé.
Des débris, des éclats de verre et des câbles électriques traînent dans les couloirs de l'hôpital, témoignant d’une destruction significative, mais le personnel refuse de céder à la désespérance.
"Nous sommes déterminés à poursuivre notre mission", affirment les employés, tandis que certains s’activent à nettoyer et à rassembler ce qui peut encore être utilisé.
"Deux heures après les frappes, nous avons repris notre travail comme si de rien n’était", confie le médecin.
Sur le site, de nombreux bâtiments sont partielles ou totalement effondrés, et des pelleteuses s'activent pour dégager les débris dans un environnement devenu hostile.
Mohammad Derbage, responsable technique de l’hôpital, dénonce la volonté de cibler l’établissement, affirmant : "Ce n'est pas par accident que nous avons été visés, mais pour nous mettre hors d’état de nuire". Pourtant, il reste optimiste : "Nous tenons bon, et ce drame n’a fait que renforcer notre engagement envers notre devoir".
La direction a décidé de rouvrir l’hôpital malgré les dommages. "Nous travaillons sans relâche pour retrouver un fonctionnement normal", précise Derbage.
À Tyr, seulement deux hôpitaux sont encore opérationnels malgré les lourdes pertes subies, l'hôpital libano-italien ayant lui aussi subi des attaques précédentes, augmentant la pression sur les structures restantes.
Malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, de nombreux habitants préfèrent rester sur place, vivant une réalité marquée par des attaques incessantes.
D'après le ministère de la Santé, depuis le début du conflit entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, 17 hôpitaux ont subi des dommages, et au moins 128 soignants ont perdu la vie. L’unité de soins intensifs de l'hôpital Jabal Amel, particulièrement touchée, a été contrainte de transférer ses patients vers d'autres structures.
Le Dr Hassan Kassir, en charge de cette unité, admet qu'il n’avait jamais imaginé une telle destruction, mais insiste : "Malgré les circonstances, il est de notre devoir de continuer le combat".
Pour Zainab Fakih, technicienne de laboratoire, les récents événements sont encore difficiles à digérer. "Nous pensions être en sécurité dans un hôpital", raconte-t-elle, évoquant des moments de peur intenses lorsque les bombes ont explosé si près. "Mais nous sommes là, prêts à servir, car c'est notre mission".







