Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, devrait se rendre ce jeudi à Kinshasa pour coordonner la lutte contre une nouvelle flambée d'Ebola affectant l'est de la République démocratique du Congo. Avant son arrivée, il a adressé un message fort à la population congolaise, assurant qu'elle n'était pas laissée à elle-même face à cette crise. « Vous n’êtes pas seuls », a insisté Tedros, rappelant que la RDC a déjà surmonté avec succès Ebola à plusieurs reprises.
L’épidémie, déclarée le 15 mai dans la province de l’Ituri, est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique. Des cas ont par la suite été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi qu’en Ouganda voisin. Dans un message partagé sur les réseaux sociaux, le dirigeant de l'OMS a exhorté à une action rapide : « La 17e fois ne fera pas exception. Nous devons agir maintenant, ensemble ».
Plus de 1.000 cas suspects enregistrés
Selon les données de l’OMS, plus de 1.000 cas suspects et 223 décès ont été signalés jusqu'à présent. L'organisation a déclenché une alerte sanitaire internationale, tout en soulignant que ces chiffres sont probablement sous-estimés. Vendredi dernier, le niveau de risque pour la santé publique en RDC a été rehaussé de « élevé » à « très élevé », tout en maintenant le risque « élevé » au niveau régional et « faible » à l’échelle mondiale.
Je m'adresse aux habitants de l'Ituri, en particulier, à ceux touchés par Ebola.
— Tedros Adhanom Ghebreyesus (@DrTedros) May 28, 2026
Vous n'êtes pas seuls, et nous sommes là pour vous soutenir. #Ebola
Dans sa lettre, Tedros a également reconnu les nombreuses difficultés rencontrées par la population congolaise dans les zones touchées. « Je sais que vous êtes déjà fatigués », a-t-il écrit, évoquant le paludisme, la faim, l’insécurité, ainsi que la lutte quotidienne pour assurer la sécurité des familles. « Et maintenant Ebola. Ce n’est pas juste, et je ne vais pas prétendre le contraire », a-t-il ajouté, soulignant que l'est du pays est constamment confronté à des violences armées.
Le conflit en RDC pèse sur la réponse sanitaire
Le directeur général de l’OMS se rendra également vendredi en Ituri, une région en proie à des attaques de groupes armés depuis plusieurs années. Dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, des conflits opposent les forces gouvernementales au groupe armé M23, accusé par Kinshasa d'être soutenu par le Rwanda. Tedros a une nouvelle fois appelé à un cessez-le-feu, fût-il temporaire, en affirmant qu'« aucun conflit ne justifie de laisser des innocents mourir d’une maladie évitable ».
L'épidémie d'Ebola suscite des réactions à l'échelle internationale. L’Ouganda a temporairement fermé sa frontière avec la RDC mercredi, tandis qu'aux États-Unis, le secrétaire d’État Marco Rubio a confirmé que le pays ne permettrait « pas un seul cas d’Ebola d’entrer ». En Allemagne, un citoyen américain infecté en RDC a été hospitalisé à Berlin avec sa famille, tandis que son état a été jugé « stabilisé » par les médecins.







