L’eurodéputée de La France Insoumise (LFI), Sophia Chikirou, se rendra ce mardi 12 mai devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre à des accusations d’escroquerie. Elle est soupçonnée d’avoir tenté d’initier des virements de fonds d'une société qu'elle avait quitté, ainsi que d'avoir subtilisé deux chèques, des allégations qu’elle rejette fermement.
L'accusation met en avant que Chikirou, candidate malheureuse aux dernières municipales à Paris, aurait tenté d'escroquer la banque Crédit du Nord en 2018 au détriment du site d’actualité Le Média, qu’elle avait cofondé. Selon les éléments du dossier, elle aurait cherché à transférer plus de 67.000 euros à Mediascop, sa société de conseil en communication.
Dans une déclaration à l’AFP, Chikirou a qualifié ce procès d'incompréhensible, soulignant qu'il n'existe ni victime ni préjudice. Elle espère ainsi mettre un terme à ce qu’elle décrit comme huit années de harcèlement judiciaire et médiatique. "Cette audience démontrera qu'il n'y a eu ni vol de chèque, ni tentative d'escroquerie", a-t-elle affirmé.
Accusations de soustraction de chèques
Les poursuites portent également sur une "soustraction frauduleuse de deux formules de chèque" de Le Média. Ces accusations ne sont pas sans rappeler des tensions autour du départ tumultueux de Chikirou de l’organisation, où ses méthodes de gestion avaient suscité des critiques.
La députée a exprimé sa colère face à l'annonce de son procès, dénonçant ce qu'elle considère comme une manoeuvre politique destinée à ternir son image dans le cadre de la campagne pour la mairie de Paris. Elle a précisé qu'il s'agit d'un conflit commercial survenu en 2018, déjà révolu par un accord entre les parties.
Élue depuis 2022, Chikirou, 46 ans, est connue pour avoir été à la tête de la communication des campagnes de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017, après un parcours politique débuté dans les années 90 au sein du Parti Socialiste. En plus de ces accusations, elle fait face à une mise en examen pour escroquerie aggravée dans le cadre des comptes de campagne de Mélenchon en 2017, des allégations qu'elle conteste également.
La justice européenne a également suspecté Mediascop d'avoir surfacturé certains services durant cette campagne, entraînant ainsi des remboursements indus liés au financement public de la vie politique. Ces affaires s'entrelacent dans un climat politique spécifique, amplifiant les tensions autour de la candidature de Mélenchon pour une éventuelle quatrième campagne présidentielle.







