La visite inattendue du président taïwanais en Eswatini : un geste fort face à la Chine

La visite du président taïwanais en Eswatini marque un tournant diplomatique audacieux.
La visite inattendue du président taïwanais en Eswatini : un geste fort face à la Chine
Le président taïwanais Lai Ching-te (au centre) accueilli par le premier ministre d’Eswatini, Russell Mmiso Dlamini (à droite). HANDOUT / AFP

Le président de Taïwan, Lai Ching-te, a effectué un déplacement officiel surprise en Eswatini, un petit royaume d'Afrique australe qui est le seul allié diplomatique de Taipei sur le continent. Initialement prévue du 22 au 26 avril, cette visite avait été retardée, selon les autorités taïwanaises, à cause de pressions exercées par la Chine.

Les autorités taïwanaises avaient dû repousser le voyage après que les Seychelles, Maurice et Madagascar avaient révoqué sans préavis leurs autorisations de survol, agissant sous une « pression intense » de Pékin. Lai a communiqué via Facebook : « La visite, initialement prévue le 22 avril, a été reportée à cause de facteurs externes imprévus. Après des préparatifs minutieux, nous sommes enfin arrivés en toute sécurité aujourd'hui. »

Lors de son allocution à Eswatini, le président a souligné les 58 ans de relations diplomatiques entre les deux pays. Il a affirmé que « les 23 millions de Taïwanais ont le droit de s'ouvrir au monde » et a insisté sur le fait qu'« aucun pays ne devrait jamais arrêter Taïwan d'apporter une plus grande contribution au monde ». Ces déclarations, rapportées par Le Monde, témoignent de sa volonté de résister à l'isolement imposé par la Chine.

L'Eswatini, anciennement connu comme Swaziland, représente l'un des douze pays encore fidèles à Taïwan, tandis que la Chine a réussi à persuader d'autres nations de rompre leurs relations diplomatiques avec Taipei. Lai a noté que « l'Eswatini est resté ferme face aux pressions diplomatiques et économiques », une allusion aux efforts de Pékin pour isoler Taïwan sur la scène internationale.

En réponse à cette visite, le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié Lai de « rat », le traitant de « passager clandestin ». Ces attaques illustrent les tensions croissantes entre Pékin et Taipei, alors que la Chine considère Taïwan comme une province rebelle.

Comme l’a souligné l’expert en relations internationales Jean-Michel Bezat, « cette visite est un acte de défiance vis-à-vis de la Chine. Elle symbolise la résilience de Taïwan face à un environnement diplomatique de plus en plus hostile ».

Le président Lai et le roi d'Eswatini doivent également visiter un nouveau centre international de conférence ainsi qu'un hôtel de luxe à proximité, financé par des prêts taïwanais, renforçant ainsi les liens économiques entre les deux pays.

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