En 2024, le pouvoir d'achat réel des ménages français a enregistré une augmentation de 2,1 % par rapport à l'année précédente. Cette progression est le résultat d'une hausse des revenus réels d'environ 4 %, contrée par une inflation qui devrait se stabiliser autour de 2 %. L'Insee, dans sa note de conjoncture parue le 17 décembre, prédit une inflation atterrissant à environ 1 % dans les mois à venir, grâce notamment à l'abaissement des prix de l'électricité. Les salaires et les pensions de retraite, quant à eux, ont également été revalorisés, s'ajustant selon l'inflation de l'année antérieure.
Une épargne grandissante
Pourtant, cette amélioration du pouvoir d'achat ne se traduit pas par une consommation accrue. Un constat alarmant pour l'économie française, car une majorité de ces gains sont désormais épargnés. En 2024, les Français ont épargné près de 18 % de leurs revenus, une augmentation significative par rapport à 16 % en 2022 et à 14 % entre 2014 et 2019. Ce phénomène a engendré une accumulation de fonds dans les livrets d'épargne, atteignant 660 milliards d'euros au milieu de l'année, dont 76 milliards d'euros placés dans des livrets d'épargne populaire.
Vers une consommation relancée ?
La forte volonté d'épargner a surpris de nombreux économistes, qui associent traditionnellement ce comportement à des périodes de crise, de chômage élevé ou d'inflation galopante. "Il est inattendu que le taux d'épargne continue de croître", a commenté Dorian Roucher, chef du département conjoncture de l'Insee. Les ménages pourraient avoir simplement mis du temps à réaliser que l'inflation était en déclin. Cette prise de conscience devrait, à terme, entraîner une relance de la consommation, ce qui serait une nouvelle encourageante pour l'économie française. En effet, l'investissement des ménages a subi une baisse de 12 % entre 2019 et 2024, en raison de l'augmentation des taux d'intérêt et d'une instabilité politique persistante dans le pays.







