Le prêt de 90 milliards imposé par l'Union européenne pour aider l'Ukraine dans son effort de guerre est enfin en voie d'être réalisé, après que la Hongrie de Viktor Orbán a levé son veto.
Suite à la décision de la Hongrie, désormais sous la direction du premier ministre pro-européen Péter Magyar, l’Union européenne se prépare à prêter 90 milliards d’euros à l’Ukraine, une aide indispensable pour un pays dont les finances sont gravement affectées.
Pourquoi un tel prêt ?
Depuis le début de l'invasion russe en 2022, l’UE a déjà navigué près de 200 milliards d'euros vers l'Ukraine sous différentes rubriques. Ce prêt de 90 milliards, prévu pour fin 2025, vise à prévenir la faillite d'un pays déjà épuisé par la guerre, exacerbée par la réduction soudaine de l'aide américaine suite au retour au pouvoir de Donald Trump en 2025 selon plusieurs analyses.
Il est aussi espéré que cette aide soit renforcée par des contributions d'autres alliés comme le Japon, le Royaume-Uni, le Canada et la Norvège, dans l'objectif de couvrir le besoin total estimé à 137 milliards d'euros pour cette année et la suivante.
À quoi servira-t-il concrètement ?
Les fonds seront répartis avec 60 milliards destinés à soutenir l'effort militaire ukrainien (principalement l'achat de matériel militaire) et 30 milliards pour satisfaire d'autres besoins sociaux essentiels tels que les hôpitaux et l'éducation.
Kiev ne sera pas tenu de payer d'intérêts à l'UE, mais Bruxelles a averti que ce prêt sera encadré par des conditions strictes en matière de transparence financière et de lutte contre la corruption.
D'où vient l'argent ?
Ne pouvant mobiliser les avoirs russes gelés en Europe, l'UE financera elle-même ces fonds. Pour cela, l'UE s'apprête à emprunter les 90 milliards par le biais du marché obligataire, en s'assurant que ces emprunts soient soutenus par le budget européen pour des taux d'intérêt optimaux.
L'Ukraine remboursera-t-elle un jour ?
Normalement, non. L'UE a l'intention de demander à Moscou de rembourser les 90 milliards après un éventuel accord de paix, en tant que compensation pour les destructions causées par la Russie. Pour faire pression sur le Kremlin, l'Union garantit que les avoirs russes dans l'UE resteront gelés tant que ce remboursement ne sera pas effectif.
Dans l'intervalle, l'UE s'engage à prendre en charge les intérêts des emprunts, dont la somme exacte dépendra des conditions de marché. Cela pourrait entraîner des milliards d'euros de coûts annuels à répartir entre les États membres, à l'exception de la Hongrie, de la Slovaquie et de la République tchèque, qui ont refusé d'y participer.







