Le concours Eurovision, qui célèbre cette année ses 70 ans, ne comptera que 35 pays lors de son édition à Vienne, prévue pour les 12, 14 et 16 mai. C'est une participation historiquement faible, et plusieurs nations emblématiques telles que l'Espagne, l'Irlande, la Russie ou encore la Turquie n'y sont pas représentées. Quelles en sont les raisons ?
Un boycott dû à la présence d'Israël
Le boycott est l'une des raisons majeures de l'absence de certains pays. Cinq nations qui avaient participé en 2025 – Espagne, Irlande, Islande, Pays-Bas et Slovénie – ont décidé de se retirer, s'opposant à la participation d'Israël, un sujet particulièrement controversé depuis l'escalade des violences préoccupantes au Proche-Orient le 7 octobre 2023. Israël, qui avait terminé deuxième l'année précédente grâce à un soutien massif du public, est perçu par ces pays comme un symbole controversé. Ils ont ainsi demandé un débat au sein de l'Union européenne de radio-télévision (UER), qui a tranché en faveur de la présence israélienne, entraînant leur démission du concours.
Les exclusions liées à la guerre en Ukraine
Tandis que l’Ukraine continuera à participer malgré le conflit, deux pays demeurent exclus : la Russie et la Biélorussie. Depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, l'UER a justifié l'exclusion russe en estimant que sa participation nuirait à l'image de cet événement culturel. La Biélorussie avait déjà été suspendue en 2021 pour des motifs politiques liés à une chanson. Depuis, son exclusion est prolongée à cause de son soutien à l'agression militaire contre l'Ukraine.
L'Eurovision et ses tensions avec certaines politiques internes
L'Eurovision est également perçue comme un espace de visibilité pour la communauté LGBT+, ce qui a provoqué des réticences dans certains pays. La Turquie a interrompu sa participation en 2013, invoquant des raisons culturelles. En parallèle, la Hongrie a critiqué le concours pour son inclusivité, bien que des changements politiques récents annoncent peut-être un retour lors des prochaines éditions. Le nouveau Premier ministre pro-européen souhaite redonner à la Hongrie une place sur la scène européenne.
Les contraintes financières, un défi pour certains pays
Pour de petites nations comme Andorre, la Bosnie-Herzégovine ou la Macédoine du Nord, les obstacles financiers sont un frein conséquent. Les coûts liés à la participation, qu'il s'agisse des droits d'inscription, des déplacements, des costumes ou des performances, pèsent lourd dans les budgets de pays qui peinent à y faire face. Ces difficultés les poussent à se retirer du concours, remettant en question l'intérêt même de leur participation.
Face à cette situation, une question se pose : l'esprit unificateur de l'Eurovision parviendra-t-il encore à rassembler des nations aux préoccupations si variées ?







