L'homme de 35 ans, dont l'arrestation par la police à Noisiel a été largement relayée sur les réseaux sociaux, revient sur les événements tragiques du 16 mars 2025.
Des coups, des cris, une grenade qui explose : un peu plus d'une semaine après sa violente interpellation à Noisiel (Seine-et-Marne), Flavel dépeint avec émotion cette soirée cauchemardesque.
Avec son œil gauche tuméfié et une voix éteinte, Flavel évoque sa douleur, assis dans le cabinet de son avocat à Paris.
Des blessures visibles et invisibles
Il ferme les yeux et se remémore la terrible nuit où il a subi des coups sur son visage, son dos et sa jambe gauche, ces souvenirs l'assaillant encore aujourd'hui.
Flavel, d'origine artistiques, avait déjà connu la notoriété en duo avec son ami sous le nom de Flavel & Neto, avec des succès d'inspiration latino.
Un incident surprenant devenu tragique
Le 16 mars au soir, après une journée de travail à la salle de sport, Flavel se rendait dans un restaurant encore ouvert lorsqu'il a entendu des bruits de pétards. En réalité, il s'agissait de tirs de mortiers dirigés vers le commissariat de Noisiel, comme l'indique le procureur de Meaux, qui a précisé qu'une trentaine de personnes menaçaient les policiers retranchés à l'intérieur.
Une vidéo largement diffusée montre les policiers de la Brigade anticriminalité se rassemblant pour gérer la situation.
La brutalité en pleine rue
« Vous voulez jouer ? » crient les policiers aux passants, équipés de flash-ball, matraques et grenades. Alors que Flavel tente de regagner le restaurant, un policier l'attaque brutalement, le faisant tomber au sol et lui infligeant des coups de pied.
Une grenade lacrymogène explose à quelques centimètres de son visage, plongeant Flavel dans un état d'angoisse insoutenable.
Les caméras, derniers témoins d'une violence inacceptable
« J'ai vu ma vie défiler », raconte le père de famille, qui se demande comment la situation aurait évolué sans les caméras. Il a porté plainte à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) pour cette interpellation violente.
Après avoir été conduit aux urgences, Flavel a reçu un arrêt de travail de plusieurs semaines, aggravé par la souffrance psychologique liée à cette expérience traumatisante.
Une enquête toujours en cours
Flavel se dit peiné par la situation. « Ils continuent de servir tandis que moi, je suis cloué à la maison », manifeste-t-il. Le parquet de Meaux a ouvert une enquête, confiée à l'IGPN, mais les policiers impliqués n'ont toujours pas été entendus, ce qui est dénoncé par son avocat, Me Pierre Brunisso.
« C'est une bavure policière », souligne Flavel, qui espère que sa fille ne tombera jamais sur les vidéos qui circulent. « Tous les policiers ne sont pas mauvais, mais ceux qui ont commis ces actes ne devraient pas porter l’uniforme », conclut-il, aspirant à un jugement équitable.







