Le tribunal correctionnel de Paris a récemment condamné cinq individus pour le cyberharcèlement visant Sophie Djigo, une professeure de philosophie, en réaction à l'annonce d'une sortie scolaire dans un camp de migrants. À l'origine de cette affaire, la professeure souhaitait initier ses élèves à la réalité des migrants, mais a été la cible d'une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux orchestrée principalement par des militants d'extrême droite.
Lors de la décision, le tribunal a imposé des peines allant jusqu'à huit mois de prison avec sursis. Deux des condamnés, absents lors de l'audience, ont été reconnus coupables de harcèlement aggravé et menaces de mort. Les trois autres condamnés, également absents, ont été infligés cinq mois de sursis pour le même chef d'accusation. Une peine de stage de sensibilisation sur le respect des droits des personnes en ligne a été imposée à chacun des condamnés, accompagnée d'une amende collective de 9 000 euros.
La présidente du tribunal a souligné la frontière entre exprimer une opinion et proférer des propos violents sur internet, rappelant que chaque condamné avait contribué à une campagne de haine en ligne dirigée contre Sophie Djigo.
Poussé par cette vague de haine, le rectorat de Lille a annulé la sortie prévue, de crainte pour la sécurité des élèves et de l'enseignante. Les réseaux sociaux avaient vu fleurir des commentaires jugés injurieux et menaçants, incitant même à une protection policière pour assurer la sécurité de la professeure.
« Nous accueillons cette décision avec satisfaction », a déclaré l'avocat de la défense. Me Raphaël Kempf a également dénoncé les leaders d'opinion dont les discours, bien que parfois plus subtils, nourrissent le cyberharcèlement. Cette affaire fait également écho à un procès pour diffamation, impliquant notamment Éric Zemmour, qui se tiendra prochainement.
Certaines figures médiatiques et politiciennes ont été interpellées sur leur responsabilité dans ce climat de haine en ligne, faisant l'objet d'une critique croissante de la part d'experts et d'observateurs de la vie publique.







