Dans une démarche aussi surprenante qu'irréaliste, un détenu de la maison d'arrêt d'Osny (Val-d'Oise) a tenté de fausser la réalité en demandant la reconnaissance d'une paternité fondée sur une naissance fictive. Selon une enquête du Parisien, cet homme a fait parvenir à la mairie de Neuilly un certificat d'accouchement frauduleux prétendant que sa compagne avait donné naissance à un petit garçon, dans l'espoir d'obtenir une « conditionnelle parentale ».
Établi dans sa cellule depuis le 1er juin, Ethan D. croyait que devenir père serait l'argument clé pour convaincre la justice de sa libération anticipée. Cependant, cette manœuvre s'est soldée par un échec retentissant : il purgera sa peine pour trafic de stupéfiants et devra également faire face à un procès pour « faux, usage de faux, et escroquerie ».
Des incohérences révélatrices
Le certificat d'accouchement, ainsi que deux autres documents falsifiés, indiquent que sa compagne aurait accouché à l'hôpital Rives de Seine, le 30 septembre dernier. Même le nom d'une sage-femme figurant sur ces faux documents a été fourni pour crédibiliser sa demande.
Pour renforcer sa stratégie, le prisonnier avait également inclus un faux certificat de grossesse et une facture d'hôpital. Ces documents ont été envoyés par son conseiller d'insertion à la mairie de Neuilly, où il espérait obtenir une permission de sortie pour reconnaître l'enfant et, ultérieurement, demander une libération conditionnelle.
Cependant, un examen attentif du certificat d'accouchement a soulevé plusieurs anomalies, poussant le service de l'état civil à alerter le parquet de Nanterre. Une enquête a alors été ouverte, durant laquelle le commissariat a contacté l'hôpital, qui a démenti l'accouchement d'une patiente portant le nom indiqué. La sage-femme mentionnée dans les documents ne pratiquait même pas d'accouchements.
Des conséquences judiciaires
Suite à cette révélation, le conseiller d'insertion, initialement impliqué dans la transmission des documents, a été placé en garde à vue. Traumatisé par les développements de l'enquête, il a décidé de porter plainte contre Ethan D. et de se constituer partie civile.
Les investigations ont montré qu’Ethan D. était à l'origine de cette manipulation, et il aurait reconnu, lors de son interrogatoire, avoir été influencé par une connaissance pour mettre en œuvre ce stratagème. Des messages sur les téléphones saisis en cellule corroborent ses intentions frauduleuses. Désolé d’avoir entraîné d'autres personnes complices, il a vu son faux plan se retourner contre lui, élargissant ainsi la portée de l'affaire. L'hôpital Rives de Seine et la sage-femme se joignent également à la liste des parties civiles, préoccupées par l'utilisation abusive de leurs noms et de leur réputation.







