Ce dimanche matin à Argenteuil, la mère d'Alisha, Jenny, a partagé sa douleur à l'occasion d'un hommage poignant pour commémorer les cinq ans de la perte de sa fille, victime de harcèlement. Le 8 mars 2021, la collégienne de 14 ans avait été assassinée par deux de ses camarades de classe, un événement qui avait secoué toute la France.
Dans une petite foule réunie près de la stèle érigée en mémoire d'Alisha, Jenny a rappelé la marche blanche qui avait attiré 2500 personnes en 2021. « Pourquoi le monde entier n’est pas là aujourd’hui ? » a-t-elle questionné, ému par l'absence de cette solidarité massive. Au fil des ans, sa douleur est restée palpable. « Je voudrais qu’on n’oublie jamais Alisha », a-t-elle déclaré, insistant sur l'importance de préserver sa mémoire.
Jenny a également précisé qu'elle avait fondé l'association Alisha Forever pour sensibiliser les jeunes sur le harcèlement. Il est essentiel selon elle de parler des violences dont sa fille a été victime, ajoutant qu'Alisha avait été attirée dans un guet-apens mené par deux élèves qui lui ont ôté la vie avant de jeter son corps dans la Seine.
« C’était une personne joyeuse qui aimait bien aider les gens »
Parmi les rares amies présentes, Hind, 19 ans, conserve des souvenirs vifs d'Alisha. « Elle était joyeuse, brillante en classe et aimait aider les autres », se rappelle-t-elle. Les deux filles s’étaient connues au collège Sadi-Carnot, puis Alisha avait choisi de rejoindre l’établissement Cognacq-Jay pour élargir ses horizons académiques.
Chloé, une autre de ses amies, évoque aussi leur rencontre et souligne la gentillesse d'Alisha. Malheureusement, cette douceur a été mal interprétée par ceux qui lui ont fait du mal. Les meurtriers d'Alisha ont été condamnés à des peines de 10 et 13 ans de prison pour leur acte odieux, une décision qui laisse un goût amer selon plusieurs étudiants.
« Elle ne voyait pas le mal chez les gens »
« Alisha avait un cœur d’or, et c’est ce qui l’a perdue », commente Hind en ajoutant qu’elle ne comprend pas la haine qui a pu pousser ses assaillants. « C’était une élève appréciée par tous, pourtant ils n’ont pas réussi à accepter son succès », analyse-t-elle. Les pensées autour d'Alisha restent intenses pour ses proches, marquées par un sentiment de perte insurmontable.
Hind continue de se rendre sur la tombe d'Alisha, une démarche qui lui permet de garder vivante sa mémoire. De leur côté, les parents d'Hind évoquent souvent la tragédie lorsqu'ils réalisent les étapes importantes de la vie, comme le bac. « Elle aurait dû vivre tout cela, elle aussi », note avec tristesse Sandrine, la mère d'Hind.
Chloé partage également ses inquiétudes concernant le futur des condamné. « Dix ans et treize ans, c’est dérisoire pour une vie », s’inquiète-t-elle. « Qui sait ce qui se passera quand ils sortiront ? » conclut-elle, une question qui résonne encore plus fort cinq ans après cette tragédie.







