Un silence assourdissant pèse sur de nombreuses victimes de violences, laissant ces dernières dans l'abandon et l'angoisse. Marie, victime de viol, témoigne de son sentiment d’abandon par les autorités après avoir déposé sa plainte en juin 2023. "C’est une violence supplémentaire, un peu comme si ma parole ne comptait pas", explique-t-elle avec une émotion palpable.
Marie, âgée de 47 ans, raconte qu'elle a été victime d'attouchements lors d'un rendez-vous médical en 2016, mais il lui a fallu plus de six ans pour réaliser qu'elle était une victime. Après son dépôt de plainte, elle a dû persister auprès des gendarmes pour faire avancer son dossier. "J’ai consacré beaucoup d’énergie à une tâche qui ne devrait pas être la mienne", déplore-t-elle.
D'autres témoignages, comme celui de François, soulignent une réalité troublante. Résident à Toulouse, il vit quotidiennement un harcèlement insupportable, et malgré ses nombreuses démarches auprès des forces de l'ordre, il se sent également abandonné. "On me dit de cesser de venir, sinon on portera plainte contre moi pour harcèlement", s'exclame-t-il, désespéré par l'inaction des institutions.
Michel, un chef d'entreprise, partage une expérience similaire. Ayant été victime d'usurpation d'identité, il a constaté que ses plaintes semblent tomber dans l'oubli. "On a l’impression que tout cela finit au fond d’un tiroir", s'inquiète-t-il, alors que plusieurs autres victimes continuent sans réponses.
Des experts s'accordent à dire que cette situation est symptomatique d'un système pénal engorgé et d'une tarification de la souffrance. Le Monde a récemment souligné que la lenteur des enquêtes et le manque de communication entraînent un sentiment d'abandon pour de nombreuses victimes. Face à cette inaction, des associations et collectifs plaident pour une réforme en profondeur des institutions judiciaires.
Les histoires de Marie, François et Michel illustrent un problème plus vaste qui touche de nombreuses personnes en France. Pour mettre fin à cette errance administrative, il est urgent que les autorités agissent et rétablissent la confiance des victimes dans le système judiciaire.







