Le député du Rassemblement national (RN), Frédéric-Pierre Vos, a suscité une vive polémique lors d'un débat à l'Assemblée nationale le jeudi 15 janvier 2024. En évoquant ironiquement le génocide rwandais, il a provoqué une onde de choc au sein de l'hémicycle, entraînant des réactions virulentes de la part de plusieurs parlementaires.
« La résistance à l’oppression, c’est de ne pas confondre égalité et égalitarisme, et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu’ils étaient plus grands », a-t-il déclaré, faisant référence au désaccord fiscal lors du débat sur le pacte Dutreil. Ces mots ont été jugés non seulement inappropriés, mais également offensants et négationnistes, comme l'a souligné Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social, qui a exigé des excuses.
Hervé Berville, député des Côtes-d’Armor et orphelin tutsi, a qualifié ces propos d'« intolérables », soulignant qu'ils inversent les rôles de victime et de bourreau. « Cela illustre le chemin qu’il reste à parcourir pour que ce génocide soit pleinement reconnu », a-t-il ajouté. Franceinfo évoque également la nécessité de sensibiliser le public sur l'horreur de cet événement tragique qui a fait plus de 800 000 victimes, principalement des Tutsi, entre avril et juillet 1994.
Face à cette situation, Boris Vallaud, président du groupe Socialistes et apparentés, a exprimé sa volonté de voir le bureau de l’Assemblée nationale prendre des sanctions contre ces déclarations. « Je saisirai la présidente », a-t-il déclaré, soulignant la gravité de ces propos. Le député Jean-Philippe Tanguy (RN) s'est empressé de présenter les excuses de son groupe, affirmant leur respect pour la mémoire des victimes du génocide.
La controverse illustre non seulement la sensibilité des sujets liés aux génocides, mais aussi l'importance de choisir ses mots avec soin dans des débats publics, où les répercussions peuvent être immenses. Comme le souligne le quotidien Le Monde, la nécessité d'une éducation abordant ce chapitre tragique de l'histoire est plus urgente que jamais.







