Après près de 20 mois d'incarcération, Sherifa Riahi, ancienne directrice de l'ONG française Terre d'asile, ainsi que ses collègues Mohamed Joou et Yadh Bousselmi, ont été libérés dans la nuit de lundi à mardi. Ils avaient été condamnés à deux ans de prison pour avoir prétendument « facilité l'entrée illégale et le séjour » de migrants. L'annonce a été faite par un comité de soutien et leurs avocats, et a suscité des réactions diverses au sein de la communauté humanitaire.
Lors de leur procès, Riahi et ses collègues avaient défendu leurs actions, affirmant qu'ils œuvraient dans le cadre d'un programme d'assistance humanitaire agréé par les autorités tunisiennes. Malgré leur libération, ils ont été condamnés avec sursis, une situation décrite comme une "épée de Damoclès" par les membres de l'ONG.
Certains acteurs du milieu, dont la rapporteuse des droits humains de l'ONU, Mary Lawlor, avaient précédemment appelé à leur remise en liberté, jugeant les accusations fondées sur des éléments faibles. Selon des sources locales, la Tunisie fait face à une montée de la répression contre les travailleurs humanitaires, exacerbée par des discours politiques ciblant les migrants subsahariens.
Le climat politique en Tunisie a considérablement évolué, notamment après que le président Kais Saied a dénoncé en février 2023 l'arrivée de « hordes de migrants », suscitant des inquiétudes quant à des abus possibles. Les organisations de défense des droits humains rapportent d'ailleurs une intensification des expulsions de migrants vers les frontières désertiques, où des tragédies humaines se multiplient.
« C'est une victoire pour le courage et la solidarité, même si des incertitudes demeurent sur l'avenir des droits des migrants », a déclaré un porte-parole du comité de soutien. Les avis sont partagés sur la suite des événements : certains experts estiment que la situation des droits humains pourrait encore se détériorer dans un contexte de crise économique et sociale en cours en Tunisie.







