La justice évoque pour l'heure des poursuites pour violences avec arme. Une enquête distincte sur des injures racistes vient s'ajouter, alors que des débats émergent concernant la prise en compte des propos racistes dans le cadre de la procédure.
Quelles ont été réellement les circonstances à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire, le dimanche 19 avril ? Plusieurs jours après un tir à la carabine à proximité d'un groupe d'enfants, des incertitudes subsistent autour de l'enquête concernant l'auteur du tir, soupçonné d'avoir également proféré des commentaires racistes.
Les récits divergent entre le parquet, plusieurs témoins, et le père d'un des enfants présents. Alors que des poursuites pour violences avec arme sont envisagées, une polémique s'installe autour de la reconnaissance des insultes racistes au sein du dossier. Voici un aperçu des faits et des investigations en cours.
Un tir à la carabine dans des circonstances floues
Un sexagénaire a tiré un coup de carabine près d'un groupe d'enfants, dans le quartier populaire de l'Arbousset. Les circonstances de cet incident restent floues. L'individu a admis avoir tiré "en l'air" depuis son domicile. Lors de sa garde à vue, le 20 avril, il a déclaré aux enquêteurs qu'il était en train de s'entraîner au tir dans son garage, se sentant insulté par un groupe d'enfants qui l'aurait traité de "sale Français", comme rapporté par le parquet du Puy-en-Velay.
Cependant, des témoignages publiés par Le Progrès contredisent partiellement sa version, indiquant que l'homme aurait poursuivi les enfants en criant des injures telles que "dehors les Noirs et les Arabes". Le parquet a décrit un incident où "un coup est parti", reconnu par le suspect, qui le qualifie d'accident.
Sur le plan médical, un premier certificat ne révélait pas de blessures ou d'incapacité totale de travail (ITT) pour un enfant de 10 ans, qui affirmait avoir été visé ; cependant, un second document, été remis au commissariat par le père, a par la suite établi trois jours d'ITT.
Une procédure judiciaire engagée pour violences avec arme
À l'issue de sa garde à vue, l'homme de 65 ans fait l'objet d'une convocation pour "violences avec arme". La carabine à plomb utilisée a été saisie, et aucune autre arme n'a été détectée lors de la fouille de son domicile. L'enquête, qui demeure active, a été confiée au commissariat du Puy-en-Velay, selon le parquet. Le suspect apparaîtra devant le tribunal correctionnel en juillet.
Une controverse sur les injures racistes dans la procédure
Les déclarations faites lors de cette altercation, ainsi que celles des différents témoins, sont au cœur de la controverse. Le parquet a affirmé que "aucun témoin ou victime n'a rapporté d'injures racistes" durant les premières auditions. Cependant, cette affirmation est contestée par Noureddine Ezbiti, le père de l'enfant visé, qui révèle à Mediapart que des propos racistes avaient été signalés dès le dépôt de plainte, tant par lui que par son fils. Il cite notamment des insultes telles que "Dehors, sales nègres" et "Sales Arabes".
Il fait état d'un manque de consignation de ces éléments dans son témoignage initial, ce qui l'a amené à retourner au commissariat pour demander des éclaircissements. Selon Mediapart, il a fallu une intervention auprès du procureur, sollicité par SOS Racisme, pour que ces propos soient finalement enregistrés, donnant ainsi lieu à l'ouverture d'une enquête pour injures.
Une enquête pour injures racistes après signalement d'associations
Le parquet a ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nation, de la race ou de la religion" le 22 avril, trois jours après les événements. Cette décision fait suite à un signalement de SOS Racisme et du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, après la diffusion par Le Progrès d'une vidéo montrant le suspect déclarant "haut et fort" sa "fierté d'être raciste".







