Le groupe Lafarge, accompagné de huit de ses anciens dirigeants, a décidé de contester la décision de justice qui les a reconnus coupables de financement du terrorisme en lien avec ses opérations en Syrie. Selon le parquet général de la cour d'appel de Paris, l'appel a été enregistré mardi.
Le 13 avril dernier, le tribunal correctionnel de Paris avait déclaré Lafarge coupable d'avoir versé près de 5,6 millions d'euros à divers groupes jihadistes armés entre 2013 et 2014. Ces paiements avaient pour but de maintenir l'activité d'une cimenterie située à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Il est important de noter que Lafarge a été un fleuron de l'industrie française, acheté plus tard par son concurrent suisse, Holcim.
Cette affaire a suscité un débat intense sur l'éthique des entreprises opérant en zones de conflit. La société a été condamnée à une amende maximale de 1,125 million d'euros et également à verser solidairement une amende douanière de 4,57 millions d'euros avec quatre de ses anciens responsables, suite à une violation des sanctions financières internationales.
Les juges ont critiqué le comportement de Bruno Lafont, l'ancien directeur général, qu'ils ont qualifié de "mauvaise foi" et de "lâcheté". Lafont a été condamné à six ans de prison avec mandat de dépôt. Actuellement incarcéré à la prison de la Santé à Paris, il a par ailleurs déposé une demande de mise en liberté.
D'autres membres de la direction, comme Christian Herrault, ancien directeur général adjoint et négociateur avec l'État islamique, ont reçu de lourdes peines, Herrault écopant de cinq ans de prison. Bruno Pescheux, qui a dirigé la branche syrienne, a évité l'incarcération en raison de problèmes de santé, mais a également été condamné à six ans.
Les organisations non gouvernementales comme Sherpa et ECCHR ont salué la décision du tribunal comme une avancée significative dans la lutte contre l'impunité pour les multinationales impliquées dans de graves violations des droits humains.







