Les récentes analyses du ministère de l'Intérieur, notamment par le service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), mettent en évidence un changement de paradigme dans le recrutement au sein des organisations criminelles. Ce rapport, diffusé le 10 avril, souligne que les trafiquants exploitent désormais les caractéristiques moins stigmatisées des femmes et des mineurs, minimisant ainsi les risques d'interpellation lors des opérations sur le terrain.
“Les femmes, qui étaient traditionnellement cantonnées à des tâches subalternes, commencent à occuper des postes de responsabilité dans les réseaux de trafic”, indique le rapport. De l'organisation de lignes d'approvisionnement de drogue à la gestion des affaires d'un partenaire incarcéré, leur rôle s'élargit de manière significative. Ce changement s'explique en partie par l'utilisation croissante des réseaux sociaux pour le recrutement, facilitant l'embauche de livreurs et d'opérateurs pour les centrales d'appel, ce qui a contribué à donner une nouvelle visibilité à la présence féminine dans ce milieu.
“Longtemps exclues de la gestion des points de deal physiques, le recrutement via les réseaux sociaux de livreurs pour les centrales d'appel a contribué à féminiser la vente de stupéfiants”,
Le rapport consacré aux grandes tendances de la criminalité en France, consulté par l'AFP
Ce phénomène soulève des interrogations cruciales sur l'évolution des stratégies criminelles. Les experts de la sécurité constatent que l'implication croissante de ces groupes dans le trafic représente une réponse adaptative aux dynamiques des autorités, visant à jouer sur les stéréotypes pour échapper à la vigilance des forces de l'ordre. Le Monde souligne également que cette tendance pourrait être le reflet d'une réorganisation interne des réseaux, cherchant à éviter les lourdes répercussions des règlements de comptes habituels







